Antananarivo, 18 Septembre, 7h30 – « Ce qui se passe là-bas est malheureux, triste, affligeant. C’est à donner la chair de poule ». Le président de la République Andry Rajoelina n’a pas eu de mots assez forts pour décrire ce qu’il a ressenti lorsqu’il s’est rendu à la prison d’Antanimora en Novembre 2019.
« Aller en prison à Madagascar, c’est comme aller en enfer », poursuit le chef d’Etat lors de l’inauguration de la prison de haute sécurité d’Imerintsiatosika vendredi. Il décrit des établissements où règnent la « corruption », la « puanteur », les « maladies », la « saleté » et où la « promiscuité » est telle que « les détenus doivent toujours dormir sur le côté ». « Comment les détenus peuvent-ils, dans ces conditions, s’améliorer », regrette-t-il. « Ils ont tellement vécu dans l’obscurité qu’ils n’hésitent pas à récidiver quand ils sortent de là », ajoute-t-il encore.
« Les prisons doivent pourtant être un endroit où les gens doivent apprendre à retrouver le droit chemin », rappelle Andry Rajoelina. Et « même ceux qui sont condamnés et qui sont en prison ont leurs droits », indique-t-il.
Pour le locataire d’Iavoloha, les nouvelles prisons, dont celle d’Imerintsiatosika, sont certes destinées à désengorger les prisons malgaches et à montrer que Madagascar respecte les droits humains. Mais « elles doivent aussi participer à la réinsertion sociale des détenus », insiste-t-il dans son discours.
« Les prisons ne doivent pas seulement être des endroits où les condamnés purgent leur peine », martèle le chef d’Etat. « Elles doivent être des lieux où ces individus retrouvent leur dignité, où ceux qui se sont trompés retrouvent le droit chemin », indique-t-il encore.
La prison de haute sécurité d’Imerintsiatosika, inaugurée vendredi, est l’un des nouveaux établissements pénitentiaires dont la construction s’est terminée. Comprenant 16 pièces d’une capacité de 30 à 50 individus, elle devrait pouvoir accueillir jusqu’à 800 prisonniers, de quoi désengorger les actuelles maisons de détention remplies jusqu’à plus de 300%, ainsi que le déplore Andry Rajoelina.
De nombreux autres bâtiments d’incarcération sont encore en cours de construction dans d’autres régions. Le président de la République a parlé de Fénérive Est, de Belo sur Tsiribihina, d’Ambositra, d’Amboasary, de Sainte Marie et de l’Avaradrano ou de Fianarantsoa. La nouvelle prison de Fianarantsoa devrait même être inaugurée très prochainement, rappelle-t-il dans son allocution.
Outre la construction des prisons, les autorités prévoient également une réforme de l’administration pénitentiaire dans le cadre de leur politique d’humanisation de la détention. Dans son discours, le chef d’Etat n’a pas manqué de mettre en avant les difficultés dans lesquelles les agents pénitentiaires évoluent au quotidien. Le président de la République a aussi mis en avant le programme de redynamisation des camps pénaux pour que les détenus apprennent le travail de la terre.
Photo : Présidence de la République













