Antananarivo, 22 Octobre, 7h45 – “Il n’est en aucun cas un détenu politique mais un condamné pour crimes environnementaux et financiers”. Transparency International Initiative Madagascar hausse le ton alors que Roméo Christophe Ramanatanana, député élu à Soavinandriana, revient à Tsimbazaza avec son écharpe. Dans une publication postée mardi sur sa page Facebook, l’organisation de lutte contre la corruption rappelle que cet élu avait été “condamné à 10 ans de prison ferme pour trafic de tortues et blanchiment d’argent, avec une amende de 60 millions d’ariary et une indemnisation de 2 milliards d’ariary à verser à l’État”.
Dans son communiqué, TI-MG fait part de “sa profonde inquiétude face aux libérations et sorties irrégulières de détenus, en dehors des véritables prisonniers politiques”. Elle dénonce “le danger de telles pratiques”, et rappelle que “ces libérations doivent strictement obéir à la loi et aux procédures en vigueur”. Craignant que de telles pratiques fragilisent l’État de droit et jettent le doute sur la sincérité du processus de refondation”, elle en appelle au président de la Refondation, au Premier ministre ainsi qu’à l’Assemblée nationale “à faire du rétablissement de l’État de droit leur priorité, à garantir une justice indépendante et effective, et à faire de cette refondation un véritable tournant éthique, et non un retour à l’impunité”.
La semaine dernière, le Colonel Mickaël Randrianirina a reconnu que si “la situation des détenus politiques a été réglée, des détenus qui n’en sont pas ont quand même été libérés”. “Nous allons voir cela de près et ramener les détenus non politiques en prison”, avait-il assuré. Avant son départ du pays, l’ancien président de la République Andry Rajoelina avait déjà publié une grâce présidentielle qui avait permis la libération de huit détenus ayant épuisé ou ayant renoncé à leur voie de recours. D’autres détenus considérés politiques sont sortis de prison avec l’avènement du nouveau pouvoir.














