Antananarivo, 17 décembre, 17h15 – Les aspects humains et commerciaux avancés pour plaider pour la cause des sociétés du groupe Sodiat. “Il faut tenir compte de l’aspect humain, des droits des salariés et ceux des bénéficiaires des services [fournis par les sociétés dont les comptes bancaires sont bloqués]”, plaide Maître Victorine Ravonjiarivelo, avocate du groupe Sodiat, à la presse ce mercredi à Mamory-Ivato.
“On peut très bien procéder à une saisie-pénale du moment que les infractions sont prouvées. Mais dans le cas actuel, il ne s’agit que d’une mesure conservatoire, bloquant les activités”, se plaint l’avocate du groupe de sociétés appartenant à Maminiaina Ravatomanga, dans les collimateurs de la justice. “Il devrait y avoir des mesures d’accompagnement car il s’agit d’un service public”, poursuit-elle, entourée de quelques employés du groupe Sodiat.
Me Victorine Ravonjiarivelo “demande, exige, la possibilité de pouvoir payer les charges mensuelles, de payer le salaire des employés” et pouvoir faire face aux engagements envers les fournisseurs. “On ne peut pas payer les fournisseurs à cause du gel de nos comptes. On commence à ne pas pouvoir payer les salaires (…) Si les autorités gèlent les comptes [bancaires], il faut qu’il y ait des mesures d’accompagnement pour pouvoir honorer les obligations”, insiste-t-elle, faisant état de “plusieurs milliards d’ariary bloqués” pour 85 comptes bancaires.
L’avocate du groupe brandit le scénario de chômage technique et de fermeture de certaines sociétés du groupe, dans les collimateurs de la justice, si la situation n’évolue pas. Elle évoque l’engagement d’une procédure auprès du Pôle anti-corruption (PAC) pour débloquer la situation “mais pour l’instant, il n’y a pas encore de décision de la justice”, informe-t-elle.
Me Victorine Ravonjiarivelo tient également à faire la distinction entre les comptes bancaires personnels du fondateur du groupe et ceux des sociétés qu’il a fondées. “Ce sont des sociétés anonymes (…) qui ont une personnalité juridique propre”, souligne-t-elle, militant pour la dissociation de l’enquête judiciaire dont fait l’objet Maminiaina Ravatomanga et le sort économique des sociétés et de leurs salariés.
La Chambre de saisie et de confiscation des avoirs du Pôle anti-corruption (PAC) d’Antananarivo avait ordonné le gel des comptes et la saisie des biens de l’homme d’affaires. Ce dernier, qui fait face également à des enquêtes judiciaires à Maurice, est soupçonné de blanchiment de capitaux.
Rado Rajhonson, directeur général de l’Agence de recouvrement des avoirs illicites (Arai) avait fait part du gel de 99 comptes “à la suite d’une décision judiciaire malgache”, le 9 décembre. Il avait parlé d’un montant total de 88 milliards d’ariary, de 800 000 euros et de 875 000 dollars gelés, ainsi que de 20 milliards d’ariary transférés dans le compte de consignation de l’Arai.














