Antananarivo, 13 Juin, 7h52 – Pousser la Grande île à s’intégrer. Un accord de financement d’environ 1,3 million de dollars vient d’être signé entre la Banque Africaine de développement et Madagascar dans le cadre du programme sur la Facilité d’appui à la transition. Il s’agit d’un don destiné à appuyer la mise en œuvre de la Zone de libre-échange continentale africaine (Zlecaf). Cette contribution de la BAD vise à permettre la mise en œuvre des réformes appropriées pour permettre à la Grande île d’intégrer ce marché commun de l’Afrique, souligne le ministère de l’Economie et des finances (MEF) rapportant la signature de cet accord, lundi.
Cet appui de la BAD va se décliner en deux axes, selon le MEF. Le premier consiste en un soutien à la mise en place d’un cadre institutionnel pour la mise œuvre de la Zlecaf. Le second, pour sa part, vise le renforcement de capacité des acteurs et la sensibilisation de toutes les parties prenantes avec une forte implication du secteur privé. Ceci étant, ce département estime que l’intégration de Madagascar dans ce marché commun africain permettra au pays de « tirer plein profit du potentiel des échanges commerciaux intra-africains encore inexploité, et pourra prendre avantage du marché africain et de son intégration régionale ».
Les autorités malgaches se sont toujours voulues prudentes par rapport à la signature de l’adhésion définitive de Madagascar à cette zone de libre-échange africaine. Cela nécessite, selon les responsables du pays, la consultation de la population ainsi que du secteur privé. Ceux-ci estiment que la Grande île devrait d’abord gagner en compétitivité en s’industrialisant, compte tenu de la balance commerciale dans ses relations avec les pays africains qui reste déficitaire.
Les participants au dialogue national sur les enjeux et les défis sur la Zlecaf pour Madagascar au mois de novembre 2022 avaient soulevé la question de l’accès du secteur privé aux financements, notamment le financement des infrastructures, les perspectives pour les investissements directs étrangers ainsi que les dispositifs de soutien aux Petites et moyennes entreprises (PME). Du côté du secteur privé, ils sont plusieurs à soutenir que la priorité pour Madagascar est actuellement de satisfaire d’abord le besoin de sa population, compte tenu du problème de l’insécurité alimentaire ou encore du recours à l’importation massive de produits consommés au pays. Certains industriels malgaches avancent que le pays ne doit approvisionner d’autres marchés à l’extérieur qu’une fois que Madagascar dispose d’un excédent de production.














