Antananarivo, 13 Juin, 19h50 – La production nationale rizicole ne cesse de croître mais ne suffit toujours pas à couvrir les besoins des Malgaches. Elle a augmenté d’abord de 5% puis de 8% lors des deux dernières campagnes, rapporte le ministre de l’Agriculture et de l’élevage, Harifidy Ramilison. Bien que cette augmentation de 8% en 2022 ait permis au pays de disposer de près de 4,900 millions de tonnes de paddy, la production ne suit pas le nombre de la population qui a également connu une hausse considérable ces derniers temps, expose ce membre du gouvernement lors de l’ouverture de la deuxième édition du Forum B2B Agribusiness ce lundi.
A part l’augmentation du nombre des consommateurs, le ministre Harifidy Ramilison avance également les pertes post-récoltes qui compromettent l’autosuffisance rizicole. Il avait auparavant déjà souligné que 20% des récoltes se perdent dès la récolte, lors du séchage jusqu’à la mouture du riz. Et c’est un des grands problèmes auxquels sont confrontés les acteurs de l’agriculture malgache, puisque ces pertes ont un impact important, non seulement sur les revenus des producteurs mais également sur la nutrition et la sécurité alimentaire, précise-t-il. Tout ceci fait qu’il y a « encore un gap à combler pour satisfaire les besoins en riz de Madagascar », soutient le ministre de l’Agriculture.
L’Observatoire du riz (ODR) a rapporté que les importations de riz cumulées sur les trois premiers mois de de l’année 2023 ont été évaluées à 207 428 tonnes contre 160 813 tonnes pour la même période de l’année derrière. Cette hausse du volume du riz importés « peut être attribuée au gap à combler » et elle sert à « pallier les éventuels désordres du marché local de riz », durant une période où la campagne rizicole n’était pas encore achevée, d’après ce qu’avait avancé l’ODR.
Comme détaillé par la Coalition for Africa rice development (Card), la première phase 2022-2024 de la Stratégie nationale de développement de la riziculture se fixe comme objectif l’atteinte de 5,3 millions de tonnes de paddy en 2023 et 6 millions de tonnes en 2024. Le développement de nouveaux périmètres irrigués, la fourniture de semences certifiées et améliorées ainsi que la dotation d’engrais minéraux à combiner avec de l’engrais organique sont les moyens avancés pour y parvenir. La stratégie parle également de la facilitation de l’accès aux services mécanisés et aux techniques modernes de transformation pour les riziculteurs.
Un des défis qui sont également à relever est l’amélioration des conditions des riziculteurs, notamment sur les prix auxquels ils vendent leurs produits pour qu’ils n’aient pas à travailler à perte, soutient le ministre Harifidy Ramilison. Un mécanisme pour pouvoir les aider sur ce point est à mettre en place, lance le membre du gouvernement.














