Antananarivo, 13 Mai, 7h15 – Parvenir à un contrat win-win. L’Office des mines nationales et des industries stratégiques (Omnis) estime que le moment est venu de renégocier un certain nombre de clauses du contrat de partage de production, qu’il a signé avec Madagascar Oil S.A pour l’exploration et l’exploitation d’hydrocarbures dans le Bloc 3104 de Tsimiroro. Une disposition qui devra permettre la poursuite du développement de ce projet, tout en protégeant les intérêts de l’Etat à qui appartiennent les ressources pétrolières exploitées, avance la présidente du Conseil d’administration de l’Omnis, Stéphanie Delmotte, vendredi.
« Nous ne sommes pas dans l’idée d’enlever un permis à qui que ce soit », souligne ce haut responsable de l’Omnis. « Nous allons plutôt dans la renégociation des termes de ce contrat pour qu’il nous apporte des intérêts, tant la création d’emplois ou encore la poursuite de certain nombre d’investissements qui n’ont pas été complétés, dont les puits », explique-t-elle.
Stéphanie Delmotte estime d’ailleurs que «changer de partenaire est difficile et ce n’est pas un bon message à l’international. Nous devons, au contraire, donner une certaine pérennité parce que ce sont des investissements qui mettent du temps à être remboursés», explique-t-elle.
Cette négociation va être menée avec Benchmark Group, la société mère de Madagascar Oil SA (Mosa). Cette société est encore concernée par des affaires juridiques, même à la suite de la décision de la Cour Suprême des Bermudes qui lui donne droit d’acquérir la totalité des actions des sociétés dans Madagascar Oil Ltd à Maurice et Madagascar Oil SA. La société Outrider à qui elle doit des dettes s’élevant aujourd’hui à 60,634 millions de dollars avait par exemple déposé une « demande statutaire » auprès du Tribunal de l’île Maurice le 14 mars 2024. Scott Reid, qui s’est vu éjecté de son poste d’administrateur de Mosa, avait également décidé de porter l’affaire devant le tribunal du Commerce d’Antananarivo.
Benchmark Group est le même promoteur qui n’a pas pu entreprendre les travaux convenus sur le projet Tsimiroro, indique le ministre des Mines, Herindrainy Rakotomala. Ce membre du gouvernement rappelle que l’Etat avait déjà interpellé le responsable de cette société par rapport aux engagements non honorés. Dans une lettre envoyée à Al Njoo, le président exécutif de Madagascar Oil S.A, en 2022, le ministère des Mines indique avoir constaté que « le plan de développement soumis par Mosa n’a pas été mis en œuvre ni même commencé ». Et que « le retard de sept années impacte les retombées économiques attendues par l’Etat malgache et nous contraint à nous demander sur la volonté et l’engagement de Madagascar Oil à mener à bien ce projet ». Un plan de rattrapage concret lui avait alors été demandé.
Le ministre Herindrainy Rakotomalala rappelle que la Phase 1 du projet Tsimiroro qui devait être menée de 2015 à 2017, concerne le développement de la zone pilote et des environs immédiats pour le marché local et l’exportation avec un objectif de production net de 6 000 barils/jour. Dans un communiqué qu’elle a publié vendredi, les nouveaux responsables de Madagascar Oil au pays annoncent la poursuite de son plan de développement, avec un objectif de production dans la Phase 1 de plus de 8 000 barils jour. Un objectif de production qui « répondra à la demande intérieure estimée à 4 000 barils/jour et à l’exportation », soutiennent-ils.
Scott Reid avait dernièrement expliqué que cet objectif des 8 000 barils/jour est ambitieux et réalisable si la compagnie dispose de moyens financiers. « Mais le fait est que BMK Resources n’a pas les moyens financiers pour ce faire, personne ne voudrait injecter 250 millions de dollars dans une compagnie qui n’a pas pu payer 60 millions de dettes. D’autant plus que MOIL Maurice est actuellement en cours de liquidation », expose-t-il.
Le ministre Herindrainy Rakotomala insiste pour sa part sur la « force » que l’Etat ainsi que l’Omnis devraient avoir pour le respect strict du plan de développement. L’Etat veillera en tout cas à ce que les négociations des contrats considèrent les intérêts du pays, rassure-t-il.
Pour Stéphanie Delmotte de l’Omnis, « c’est dans l’accompagnement du plan de développement du projet que nous pouvons vraiment voir si ses promoteurs ont les reins solides ou pas pour continuer. Le passé a parlé pour eux. Il y a quand-même la possibilité aujourd’hui de dire qu’ils ont déjà commencé la production, et qu’ils ont signé des contrats avec des entreprises du secteur privé ».
L’Omnis entend laisser le gouvernement reprendre le dialogue avec les responsables de Mosa pour « voir si effectivement Madagascar Oil est toujours un bon partenaire ou est-ce que nous devrions regarder autrement ».
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