Antananarivo, 19 octobre, 17h01 – Les jours se suivent et ne se ressemblent pas. Les forces de l’ordre usent de gaz lacrymogène pour disperser la manifestation organisée par le Collectif des 11 candidats, jeudi à Itaosy. Avec leurs partisans, les prétendants à la course à la magistrature suprême ont tenté de rallier la Cité d’Itaosy depuis Antaninkatsaka pour un rassemblement, en vain.
« A partir du Jeudi 19 octobre 2023, toute manifestation en dehors de la campagne électorale doit impérativement éviter de perturber l’ordre public y compris la liberté de circulation dans la Capitale », indique le général Angelo Ravelonarivo, préfet de police d’Antananarivo, dans une lettre adressée au Collectif des candidats à la présidentielle jeudi.
« Vous serez donc responsables de tout débordement, violence et autres dérives qui pourraient résulter des manifestations illégales que vous organiserez », poursuit la lettre. Les dispositions légales relatives aux réunions publiques et manifestations sur la voie publique « restent applicables », note le préfet dans sa lettre. Ces dispositions prévoient la possibilité de refus d’une demande d’autorisation d’une manifestation « si l’autorité administrative compétente estime que la manifestation projetée est de nature à troubler l’ordre public ».
Le général Angelo Ravelonarivo le préfet de police d’Antananarivo, indique avoir pris l’initiative à la suite des heurts lors de la manifestation organisée par le Collectif des candidats à Andavamamba le 17 octobre. Il affirme l’existence d’« une personne décédée et de plusieurs blessés » d’où cette « nouvelle organisation ».
L’officier général rappelle que le Collectif des candidats avait bénéficié d’une « tolérance administrative » durant deux semaines « où vous avez été autorisés à occuper quotidiennement les rues de la capitale ». Il souligne que les « les dispositions légales à respecter pour toute réunion publique et manifestation sur la voie publique auxquelles vous [membres du Collectif des candidats] n’avez jamais voulu vous conformer ».
Le préfet fait part aux onze candidats que, pendant deux semaines, leurs partisans « brutalisent les forces de l’ordre, appelant à la désobéissance civile incitant à la discrimination et à la haine raciale ». Il parle d’« actions de violence et de provocation à l’endroit des autres citoyens n’adhérant pas à votre cause, perturbant fortement la circulation et les activités des habitants de la capitale ». Il soulève des rassemblements avec des « revendications qui vont au-delà du processus électoral ».
Mercredi, le Collectif des candidats avait remercié les forces de l’ordre. Des éléments de la police se sont interposés entre les manifestations organisées par les onze candidats et celle du parti Tanora malaGasy Vonona (TGV).
La veille, le gouvernement avait publié un communiqué faisant part de sa position par rapport aux événements. « En plus d’être illicites, les manifestations sur les voies publiques organisées par ces candidats sont d’une violence caractérisée et loin d’être pacifique », affirme-t-il, répondant aux observations faites par plusieurs ambassades et le Bureau des droits de l’Homme de l’Organisation des Nations unies. Ces derniers évoquent l’usage d’une répression « non nécessaire et disproportionnée » alors que le Collectif des candidats qualifie leur rassemblement de « pacifique ».
La Commission nationale indépendante des droits de l’homme (CNIDH) qui dit effectuer « une veille active autour de la conjoncture électorale à travers une cellule de monitoring des droits civils et politiques », avait affirmé mercredi que « de déplorables confrontations, soldées de dégradation de biens et autres conséquences regrettables, ont été signalées ». Elle avait alors appelé à l’apaisement et à l’harmonie sociale, invitant « l’Etat à porter à la connaissance du public les dispositions permettant de préserver les droits fondamentaux », et les différents acteurs « à contenir les propos, contenus et actes provocateurs susceptibles de conduire à une implosion entre compatriotes ». Encourageant la « tolérance administrative », elle estime que la « répression est un dernier recours » et que « l’usage excessif de la force sur tout citoyen dans l’exercice des droits universellement reconnus doit être justifié ».














