Antananarivo, 10 novembre, 11h42 – Des messages tous azimuts. La Conférence des évêques met les acteurs politiques devant leur responsabilité face à la « confusion » dans laquelle le pays se trouve. Elle demande en même temps le respect du choix de la population.
« Vous [hommes politiques et candidats à la présidentielle] devez mettre de côté votre fierté et les intérêts particuliers si c’est vraiment l’amour de la patrie qui vous anime. Vous devrez être les premiers à respecter la loi et d’être les modèles en ce sens», lance Mgr Gabriel Randrianantenaina, secrétaire général de la Conférence épiscopale, lisant le message de la Conférence des évêques, vendredi.
Dans leur message, les évêques regrettent la posture de certains acteurs de la vie politique. « Beaucoup d’hommes politiques et ceux qui ont les moyens semblent penser que Madagascar constitue leur propriété privée et qu’ils peuvent en faire tout ce qu’ils veulent », pointent-ils.
La Conférence des évêques s’interroge sur la cohérence entre le discours des acteurs politiques et leurs actes concernant les valeurs qu’ils évoquent.« Comment se fait-il que notre pays arrive à ce stade alors que ceux qui affirment vouloir le développer mettent en avant ces valeurs », se demande-t-elle. « Il semble que l’adage actuel, qui dit que « ceux qui sont dignes ne sont pas prêts et ceux qui sont prêts ne font pas réussir le pays » est fondé », enchaîne-t-elle.
La Conférence épiscopale rapporte que « la population ne sait plus quoi faire ». « Nous lançons un appel aux politiciens, aux responsables et surtout à ceux qui dirigent le pays ainsi qu’aux candidats : donnez sa part de soleil à la population à qui appartiennent les droits et devoirs. Laissez-la tracer librement son avenir selon la loi, par le biais de l’élection », revendique-t-elle avant de demander aux candidats de « cesser d’acheter sa [population] voix ».
La Conférence épiscopale lance également quelques messages à la population. « Prenez vos responsabilités pour être les maîtres de Madagascar. Suivez ce que dit votre conscience. Ne laissez pas l’argent ou autre chose guider votre choix », conseille-t-elle. « Il faut rester calme devant la pratique des hommes politiques qui nous divisent », poursuit-elle.
Les évêques s’expriment face aux débats sur le bien-fondé ou non de la tenue du scrutin dans les conditions actuelles. « Il n’appartient pas l’Eglise d’avancer ou de reporter le calendrier électoral. Des responsables sont habilités pour cela. Laissons chacun prendre ses responsabilités », affirment-ils. « Certes, des failles existent dans notre gestion de l’élection, mais on ne peut pas attendre que tout soit parfait pour y aller dans la mesure où la souveraineté est quelque chose de précieuse et nous devrons en être jaloux », avance-t-elle avant d’exhorter « tout un chacun à prendre ses responsabilités ».
La Conférence épiscopale félicite au passage « ceux qui prennent des initiative, selon leur conscience, pour chercher des solutions afin de rapprocher et de faire rapprocher toutes les forces et les différentes tendances ». ‘C’est le fait de pouvoir reconnaître ses torts et l’écoute des autres qui poussent à se rapprocher de Dieu et les proches afin pour pouvoir viser l’intérêt général », conclut-elle.














