Antananarivo, 28 Mai, 18h15 – La prudence est de mise. Les banques centrales devraient éviter d’assouplir prématurément leur politique monétaire et s’opposer aux attentes trop optimistes du marché en matière de baisse de taux. Il s’agit d’une recommandation émise par le représentant du Fonds monétaire international (FMI) à Madagascar, Mokhtar Benlamine, lors d’une conférence sur la stabilité financière à Ankatso, la semaine dernière.
Mokhtar Benlamine avait précisé que cette recommandation ne s’applique pas seulement pour Madagascar mais pour toute l’économie mondiale. Il avait alors expliqué que le fait que l’inflation a commencé à baisser n’est pas suffisant pour assouplir la politique monétaire. « Nous ne sommes pas à l’abri d’un nouveau choc ou d’une reprise des pressions inflationnistes sur la base des facteurs précédents », a-t-il exposé. Ce représentant du FMI avait soutenu l’importance pour les banques centrales d’avoir “plus de prudence sur les actions à venir pour pouvoir prévenir éventuellement de faire des coupes sur les taux d’intérêts directeurs un peu trop précipitées”.
Pour le cas de la Grande île, la Banky foiben’i Madagasikara avait décidé dernièrement de maintenir ses taux de facilités permanentes à leur dernier niveau, à savoir un taux de facilités de dépôt (FDD) à 9% et le taux de facilités de prêt marginal (FPM) à 11%. Il s’agit d’une décision prise par le Comité monétaire de la BFM par rapport au niveau encore élevé du taux d’inflation enregistré au mois de mars de cette année et qui pourrait « se poursuivre pendant un certain temps ». La Banque centrale a d’ailleurs rassuré qu’elle veillera attentivement aux changements de facteurs pouvant significativement modifier ses prévisions et qu’elle ajustera ses instruments le cas échéant.
Mokhtar Benlamine avait soutenu par ailleurs que les économies émergentes et frontières devraient redoubler d’efforts pour contenir les vulnérabilités liées à la dette. « La capacité d’un pays à s’endetter est un facteur important pour pouvoir gérer les crises. Chaque pays a donc besoin d’une marge de manœuvre sur ce point », a-t-il avancé. Les autorités de régulation devraient également utiliser des outils de contrôle pour garantir que les banques et les institutions financières non bancaires résistent au ralentissement du cycle du crédit. « Ce n’est pas seulement le rôle de la Banque centrale mais également celui de tous les régulateurs au niveau des marchés financiers », a-t-il insisté.
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