Antananarivo, 15 Mai, 6h40 – Les évêques font publiquement part de leur désaccord par rapport à deux choix politiques du Gouvernement. Dans un message publié mardi, la conférence des évêques catholiques de Madagascar dénonce tour à tour la loi sur la castration promulguée en février et la politique de planification familiale adoptée comme priorité par les autorités.
Affirmant condamner les viols et assurant partager les douleurs des victimes, les prélats ne jugent pas moins le texte comme contraire à la dignité humaine et assimilent la castration à “de la torture et de la violence”. “Le corps humain est sacré et rien ni personne, même la loi, n’a autorité sur le corps humain”, poursuivent-ils, indiquant que “quiconque élabore une loi portant atteinte à l’intégrité physique d’une personne usurpe Dieu”.
Les évêques catholiques se posent d’ailleurs “la question si cette mesure est une solution qui peut effectivement mettre fin au viol”. Demandant “que des soins particuliers soient dispensés aux victimes des viols”, ils estiment qu’“une application juste et égale des lois en vigueur contre les coupables n’aurait pas abouti à l’adoption de cette loi bizarre”.
Sur la question de la politique de planification familiale, la conférence des évêques catholiques rappelle que “c’est la méthode contraceptive naturelle qui est conforme à l’enseignement de l’Eglise, et que celle-ci “encourage et promeut même les formations et les enseignements sur cette méthode”. Dans son message, elle n’hésite pas à comparer les politiques de planification familiale à des velléités de “rejeter sur les pauvres les torts et les responsabilités” et de “prélever des organes des corps des femmes vivant dans les pays pauvres” alors que “c’est une poignée de riches qui pollue l’environnement”.
Le message des évêques intervient au moment même où le président de la République Andry Rajoelina réitère son soutien à la loi sur la castration et à la politique de planification familiale dans une interview parue dans Paris Match. Indiquant s’être “heurté aux évêques” sur la question de l’utilisation des contraceptifs, il a assuré avoir “dû se battre pour convaincre”.
Dans son interview, le chef de l’Etat a également martelé que malgré “la position [forte] de l’Eglise sur la contraception et le contrôle des naissances, en particulier son rejet des méthodes artificielles” et sa “foi catholique qui [le] porte dans [son] parcours”, il “ne négocie pas ce qui n’est pas négociable, quelles que soient les contraintes, culturelles ou religieuses”.














