Antananarivo, 2 Août, 6h15 – Les priorités de Madagascar en matière d’industrialisation définies. L’Etat et le secteur privé ont arrêté cinq secteurs considérés comme porteurs d’avantages comparatifs pour le pays et qui seront boostés à travers le Pacte sur l’industrialisation que les deux parties ont signé lundi. Les secteurs qui ont été ciblés sont l’agro-industrie, le textile et l’habillement, l’énergie renouvelable, les huiles essentielles et la transformation minière. « Des secteurs de base qui répondent aux besoins de la population », souligne un communiqué du ministère de l’Industrialisation, du commerce et de la consommation.
Concernant ce quatrième secteur, l’Etat comme le secteur privé ambitionnent de faire de Madagascar un producteur d’huiles essentielles et d’extraits de plantes qui est non seulement reconnu pour son professionnalisme mais également capable de développer de nouveaux produits vers des nouveaux marchés. Aussi, en 2026, les exportateurs d’huiles essentielles de Madagascar devront être des références de qualité et de professionnalisme avec un potentiel majeur de développement de productions reconnu au niveau international. L’objectif est aussi qu’en 2030, ils pourront être des partenaires incontournables et des partenaires commerciaux attractifs pour d’autres pays.
Pour le secteur minier qui est aussi priorisé, les deux parties ont une vision commune qui consiste à développer des activités extractives et une industrie de transformation minière. Elles estiment que ces activités seront des moteurs de croissance et de décollage économique, et contribueront également à convertir Madagascar d’un pays essentiellement agricole en un pays minier d’ici 2040. Pour mettre en œuvre cette vision, l’Etat et le secteur privé se sont convenues sur des orientations stratégiques consistant, entre autres, à améliorer le profil risque-pays de Madagascar, à augmenter la création de valeur ajoutée locale, à renforcer les incitations à la transformation locale des produits miniers et à multiplier les partenariats entre acteurs nationaux et internationaux.
L’Etat et le secteur privé conviennent, dans le Pacte sur l’industrialisation, de prendre des engagements réciproques pour le développement de ces cinq secteurs, afin de promouvoir le développement et la croissance du secteur industriel de Madagascar. Les deux parties se fixent d’ailleurs comme objectif de faire passer la part du secteur industriel malgache qui est actuellement de 15% à 30% en 2040, grâce à cette convention économique. Ce, en transformant au maximum les ressources locales de manière compétitive et intégrée aux échanges internationaux.
Selon le Syndicat des industries de Madagascar (SIM), ce Pacte synthétise les activités majeures à mettre en œuvre dans ces cinq secteurs prioritaires. Et sa signature constitue une étape importante pour le secteur industriel de la Grande île car elle marque l’officialisation d’une volonté commune et d’une ferme détermination du secteur public et du secteur privé d’aller vers une nouvelle ère industrielle, indique le groupement. « Aucun développement ne peut se faire sans un secteur privé fort et sans une industrie forte et développée », reconnaît le ministre en charge de l’Industrialisation, Edgard Razafindravahy, ainsi que le rapporte un communiqué de presse du ministère.
Une relation fiable doit cependant exister entre les deux parties et celles-ci doivent se considérer en permanence comme partenaires et non des adversaires, insiste le président du SIM, Tiana Rasamimanana. Un Conseil national pour l’industrialisation de Madagascar (CNIM) sera alors mis en place pour assurer le pilotage et le suivi de la mise en œuvre des engagements transversaux prévus dans le Pacte.
Le secteur privé, par ailleurs, a profité de la cérémonie de signature de ce Pacte sur l’industrialisation pour demander la sortie des textes sur la Zone économique industrielle (ZEI), sur le Fonds national pour le développement industriel (FNDI). Les décrets d’application de la Loi sur les Investissements ou encore celui de la Loi sur le développement industriel qui sont attendus.














