Antananarivo, 27 Octobre, 10h09 – Madagascar participera au 20ème Forum de coopération commerciale et économique entre les États-Unis et l’Afrique subsaharienne (Forum Agoa) qui se tiendra à Johannesburg, en Afrique du Sud, du 2 au 4 novembre 2023. Le conseil de Gouvernement de mardi dernier a donné son accord pour le déplacement d’une délégation malgache sur place pour prendre part à cette réunion.
Ce Forum réunira les gouvernements des États-Unis et des pays éligibles à la loi sur la croissance et les possibilités économiques en Afrique (Agoa). Les principales organisations économiques régionales, du secteur privé, de la société civile ou du monde du travail y seront également représentées. La réunion sera ainsi pour la partie américaine une occasion de recueillir les avis de ses partenaires africains et des investisseurs du secteur privé sur l’amélioration de l’impact et de la valeur stratégique de l’Agoa.
« L’engagement économique avec les pays d’Afrique est une priorité de premier ordre pour l’administration Biden. L’Agoa en est la pierre angulaire», expose la sous-secrétaire d’Etat adjointe des Etats-Unis au Bureau des affaires africaines, Joy Basu. « Nous allons, au cours de ce forum, renforcer nos efforts précédents pour un engagement économique plus fort avec des partenaires multiples partout dans le Continent », lance-t-elle au cours d’une conférence de presse en ligne tenue à l’intention des journalistes africains, jeudi.
Les pays d’Afrique qui participent à ce Forum, comme Madagascar, se sont déjà activés depuis un certain temps pour leur éligibilité à la prolongation de l’Agoa, dont l’actuelle loi commerciale s’applique jusqu’en 2025. Les conditions pour cette éligibilité sont rigoureuses. Ces pays doivent par exemple mettre en place une économie de marché, instaurer l’État de droit, le pluralisme politique et le droit à une procédure régulière, ou faire des progrès constants dans ce sens. Ces pays doivent également éliminer les obstacles au commerce et aux investissements américains, adopter des politiques de réduction de la pauvreté, de lutte contre la corruption et de protection des droits de l’homme.
Interrogée par rapport au contexte politique à Madagascar et sur ce que pourrait générer la situation pré-électorale actuelle, Joy Basu avait répondu que le soutien à la démocratie en Afrique est une priorité absolue pour le Gouvernement américain cette année. « Nous restons déterminés à soutenir les processus électoraux qui renforcent réellement la démocratie sur le continent, y compris à Madagascar. Dans ce contexte, je dirais que nous continuons à encourager les organes électoraux à améliorer la compréhension du processus politique par les citoyens et à veiller non seulement à ce que les élections soient libres et équitables, mais aussi à ce que la population ait le sentiment que les élections sont libres et équitables lorsqu’il s’agit de démocratie », a-t-elle soutenu.
Les entreprises malgaches bénéficiaires de l’Agoa n’ont pas caché leurs inquiétudes. Le Groupement des entreprises de Madagascar (GEM) avait dernièrement attiré l’attention sur le risque de suspension de Madagascar de l’AGOA avec « la tension politique qui ne cesse de monter ». Or une non-reconduction menacerait des centaines de milliers d’emplois ainsi que les exportations du pays selon ce groupement.
Depuis sa promulgation en 2000, l’Agoa est au cœur de la politique économique et de l’engagement commercial des États-Unis avec l’Afrique. Cette loi commerciale permet aux pays d’Afrique subsaharienne éligibles d’accéder au marché américain en franchise de droits pour plus de 1 800 produits, qui s’ajoutent aux plus de 5 000 produits pouvant bénéficier d’un accès en franchise de droits dans le cadre du Système généralisé de préférences (SGP).














