Les pétroliers entendent accélérer la cadence. En l’espace de seulement 48 jours, du 13 avril au 31 mai, Madagascar devra recevoir trois cargaisons majeures de produits pétroliers. Le pays qui fonctionne sur un cycle d’une livraison par mois en temps normal passera ainsi à trois navires en six semaines environ. Ce qui revient à injecter du carburant beaucoup plus rapidement que le rythme de consommation habituel.
Une stratégie de sécurisation du supercarburant transparaît nettement dans le planning des livraisons avancé par le Groupement pétrolier de Madagascar (GPM). Un premier navire est attendu le 13 avril avec un chargement de 64 500 tonnes métriques, incluant 19 000 m³ de supecarburant. Cette opération sera consolidée le 5 mai par une seconde livraison de volume identique, dont la part d’essence sera portée à 22 000 m³. Enfin, un troisième arrivage de 19 000 m³ de SP95, prévu pour le 31 mai, viendra parachever la reconstitution des stocks stratégiques. C’est 60 000 m³ de supercarburant que Madagascar devra donc recevoir en seulement sept semaines.
Cette disposition est prise pour garantir la continuité des livraisons et le maintien d’un niveau de stock optimal. Ces volumes permettent alors de reconstituer pleinement les stocks de supercarburant et d’assurer une distribution fluide sur l’ensemble du territoire, soutient le GPM. Pour ce qui est du gasoil, le Groupement rassure que “la situation est d’ores et déjà confortable, avec un niveau de stock garantissant environ 20 jours de consommation à date”.
Le directeur général de l’Office malgache des hydrocarbures (OMH), Cydolain Raveloson fait néanmoins part de l’instauration de mesures de contingentement et de gestion des stocks, afin de garantir la continuité de l’approvisionnement jusqu’à l’arrivée du navire-citerne, prévue lundi prochain. Malgré la disponibilité des stocks de supercaburant, en effet, des files d’attente importantes sont observées dans les stations-service.
Selon les explications du DG de l’OMH, le phénomène ne relève nullement d’une pénurie sèche, mais serait due à une rupture de flux. La forte demande aurait entraîné un épuisement rapide des cuves dès le dépotage des camions-citernes, créant un temps d’attente pour le réapprovisionnement suivant.
Aussi, pour y remédier à cela, une coordination avait été mise en place, avec notamment un planning de livraison. Les quatre distributeurs pétroliers soumettent quotidiennement à l’OMH un plan de livraison détaillé. Ce planning permet d’identifier en temps réel les stations-service approvisionnées et d’assurer une distribution continue jusqu’à l’arrivée des importations.
Le GPM réitère par ailleurs que “la continuité de l’approvisionnement du pays en produits pétroliers est assurée”. Quelques retards logistiques ponctuels avaient pu être observés ces dernières semaines, dans un contexte international marqué par des tensions au Moyen-Orient. Mais pour ce Groupement, “ces perturbations, limitées et temporaires, n’affectent en aucun cas la sécurité globale de l’approvisionnement”.














