La traque de l’argent issu du crime à placer au cœur de la stratégie anticorruption. Le Premier ministre Mamitiana Rajaonarison mise sur la lutte contre l’enrichissement illicite, et la saisie des avoirs obtenus de façon illicite pour lutter contre la corruption. En s’attaquant au portefeuille des corrupteurs, celui qui avait été pendant plus de cinq ans directeur du Service des renseignements financiers (Samifin), entend “rendre la corruption non rentable”.
“Jusqu’à présent, nous cherchions l’auteur du crime”, rappelle le Premier ministre lors de la présentation du rapport annuel du Bureau indépendant anti-corruption (Bianco) dans les locaux du ministère des Affaires étrangères, jeudi. Désormais, le système anti-corruption est invité à “priver les réseaux de leurs ressources pour étouffer toute tentative de corruption future”. “Sans argent, le corrupteur ne peut plus corrompre”, insiste le chef du gouvernement.
En plus de rendre la corruption non rentable, Mamitiana Rajaonarison entend la “rendre risquée, avec un impact sur la descendance du coupable”, celle-ci ne pouvant pas en hériter. “Celui qui s’est enrichi illicitement ne doit plus pouvoir jouir de ses biens”, ajoute-t-il, espérant aussi “rendre la corruption détestée”.
Le Premier ministre élargit également la cible de la lutte. Au-delà de la “petite corruption”, il appelle à s’attaquer aux circuits de grande corruption et aux détournements massifs, notamment dans les marchés publics. L’enjeu est de neutraliser les mécanismes financiers qui alimentent ces pratiques et de dissuader les hauts responsables qui pourraient y être impliqués.














