Antananarivo, 5 Mai, 18h40 – Une réplique qui ne se fait pas attendre. Le ministère de la Communication et de la culture « exprime sa profonde consternation à la découverte du classement 2022 de Madagascar en matière de liberté de la presse par Reporters Sans Frontières (RSF), qui déclasse Madagascar au 98ème rang ». Il ne « peut que s’interroger vivement sur la crédibilité de ce classement ».
Dans un communiqué, le département ministériel estime que « le classement rend dubitatif pour la simple raison que RSF lui-même, dans sa propre note qui l’accompagne, met en garde contre son propre classement du fait du changement de méthodologie ». Or, « de tels classements, sujets à toutes les interprétations possibles, ‘à manier avec précaution’ comme ils le disent, ternissent gravement l’image de tout un pays ».
Le ministère « déplore » que les données de base pour réaliser l’évaluation « ne soient pas à jour ». « Il est révoltant de constater que RSF et son « panel d’experts » ont totalement occulté l’existence de cette nouvelle loi dans ce classement 2022 », peste le communiqué, évoquant des « réformes en profondeur » de la loi sur la communication datant 2016. « Or la notation se fonde sur la loi 2016, unanimement jugée liberticide par la profession », enchaîne le communiqué.
Le ministère « s’insurge [également] contre le fait que RSF s’érige en organe d’arbitrage à Madagascar et qu’il s’est chargé de trancher sur la véracité ou non d’un reportage ou d’un élément journalistique ». Pour lui, il est « scandaleux de constater que RSF impose sa présomption de culpabilité et sa présomption d’amateurisme à l’encontre des correspondants nationaux et gratifie d’une présomption de vérité et de professionnalisme un correspondant étranger ».
Le classement mondial publié ce mardi, jour de la célébration de la Journée mondiale de la liberté de presse, place la Grande île 98ème sur 180. Il s’agit d’un recul de 41 places par rapport à 2021. Selon le classement RSF, la Grande île « se trouve cette année dans une situation problématique (55 à 70 points) et frôle même la situation difficile (40 à 55 points) ».
Pour cette année, RSF a adopté une nouvelle méthodologie de classement. L’organisation évoque, entre autres, une évaluation qualitative de la situation. Les questionnaires auxquels les spécialistes consultés pour l’établissement du classement et l’évaluation ont répondu à des questions liées au contexte politique du pays, au cadre légal régissant la pratique du journalisme, au contexte économique, au contexte socio-culturel et à la sécurité des journalistes. Les spécialistes interrogés sont des journalistes, des chercheurs, des universitaires et des organisations de la société civile oeuvrant dans la défense des droits humains.














