Lanto Ratsida, président de l’Observatoire de la jeunesse et sociologue, regrette que les jeunes n’aient pas en tête ce qu’ils ont envie de devenir plus tard. Ce qui constitue un blocage au développement des programmes qui les concernent.
Une jeunesse qui ne sait pas où elle va. Le constat du sociologue et président de l’Observatoire de la jeunesse, est amer. « Les jeunes malgaches manquent de vision », a-t-il déclaré au cours d’une conférence donnée dans le cadre de la Journée Convergences et repères organisée le 28 septembre. La vision, explique-t-il, est « l’image que l’on se crée de l’avenir dans notre imagination et qui nous permet de déterminer toutes les stratégies qui vont guider nos actions et nos tâches au quotidien ». Et à l’entendre, les jeunes Malgaches semblent évoluer au jour le jour et ne prennent pas en main leur avenir.
« Pour être un leader, il faut avoir une vision »
Les conséquences de cette absence de vision sont catastrophiques. Faute de vision, les jeunes manquent de leadership. « Pour être un leader, il faut avoir une vision », insiste le sociologue. Et en l’absence de vision, ils ne prennent pas activement part aux discussions sur l’avenir du pays. Ils ne sont pas non plus impliqués dans la définition de leur carrière et dans ce qu’ils vont devenir dans cinq ou dix ans, ainsi que le regrette encore Lanto Ratsida.
C’est ainsi que les programmes de développement ne tiennent pas compte de cette proportion importante de la population. Le président de l’observatoire de la jeunesse donne l’exemple de la région d’Analamanga où sur 144 communes, seules deux ont un projet sur les jeunes.
Afin de pallier cette absence de vision, la journée Convergences et repères a proposé aux jeunes des séances de partage d’expériences et de visions. Grâce aux échanges qui ont eu lieu entre les diverses associations ayant répondu à l’invitation « nous avons pu développer la manière de fixer notre vision », indique Stéphanie Rabefiringa, présidente de l’une des organisations participantes. « Nous avons également appris comment communiquer avec les jeunes et comment être un leader », poursuit-elle. Jare Rakotonandrasana, président de l’association Uni Vers Vintsy Tana se dit « impatient de participer à la deuxième édition de l’événement ». « Cela nous a permis d’évoluer », reconnaît-il.














