Antananarivo, 14 août, 16h10 – Romy Andrianarisoa n’est plus directrice de cabinet de la présidence de la République. Elle est « relevée de ses fonctions avec effet immédiat », indique un communiqué de la présidence publié ce lundi. La décision intervient alors que Romy Andrianarisoa, et un de ses collaborateurs « sont inculpés d’infractions de corruption à la suite d’une opération de la NCA », indique cette Agence nationale anglaise contre les crimes sur son site web ce lundi. Le journal Financial Times avait déjà fait part de cette affaire dans son édition du 13 août.
Celle qui est désormais une ancienne collaboratrice du président de la République et son « associé » ont été « arrêtés (…) jeudi après-midi [10 août] lors d’une réunion où ils sont soupçonnés d’avoir tenté de solliciter un pot-de-vin », rapporte la NCA. « L’opération s’est déroulée en étroite collaboration avec le CPS [le service de poursuites judiciaires, le Parquet] qui a pu donner un avis de charge immédiate », poursuit l’annonce. Les deux individus ont « comparu devant le tribunal samedi [12 août] et ont été placés en détention provisoire jusqu’à leur prochaine audience à Southwark Crown Court le 8 septembre ».
La NCA évoque des soupçons qui pèsent sur Romy Andrianarisoa et son « associé » « d’avoir cherché à obtenir un pot-de-vin pour obtenir des licences d’exploitation à Madagascar auprès de Gemfields, une société minière britannique ». Toujours selon le récit de l’agence du Royaume-Uni contre les crimes, les deux individus avaient « réclamé une somme d’environ 225 000 livres sterlings [environ 1,25 milliard d’ariary] de frais initiaux, ainsi qu’une participation de 5% en capital », selon le communiqué. La compagnie en question avait alerté NCA. Cette dernière avait établi des « soupçons de corruption active (…) à la suite d’une enquête rapide ».
A en croire la présidence de la République, « les autorités malgaches ignorent les raisons du déplacement au Royaume Uni » de Romy Andrianarisoa. « Elle a officiellement pris ses droits au congé du mercredi 9 août jusqu’au 22 août », indique le communiqué d’Ambohitsorohitra. Celui-ci évoque également « le ferme attachement du président de la République à la notion d’éthique dans la conduite des affaires de l’Etat et à la lutte contre la corruption sous toutes ses formes ».
Romy Andrianarisoa avait été dans la délégation malgache lors de la visite officielle du président Rajoelina au Rwanda. Selon des sources au courant du dossier, elle n’avait pas accompagné la délégation malgache pour regagner la Grande île après la mission au Rwanda.














