Antananarivo, 18 Novembre, 9h45 – La peine capitale prononcée contre l’ex-dirigeante du Bangladesh. Le verdict a été rendu ce lundi par un collège de trois juges issus du Tribunal pénal international et de la cour nationale bangladaise compétente en matière de crimes de guerre. L’ancienne Première ministre Sheikh Hasina, jugée en absence depuis son exil en Inde, a été reconnue coupable de crimes contre l’humanité pour avoir incité et ordonné la répression meurtrière des manifestations de l’été 2024 qui ont provoqué sa chute.
Cette décision intervient après un procès médiatique que l’ex-dirigeante de 78 ans a toujours qualifié de “procès politique”, rejetant en bloc des accusations qu’elle estime infondées.
La crise a éclaté en juillet et août 2024 lorsque des manifestations antigouvernementales, initialement pacifiques, se sont transformées en un mouvement massif réclamant son départ. La répression gouvernementale a été violente, faisant au moins 1 400 morts, majoritairement des civils, selon le bilan des Nations unies. Contrainte de fuir le pays par hélicoptère après quinze ans d’un règne sans partage, Sheikh Hasina a laissé derrière elle un pays profondément divisé.
Le procureur Tajul Islam a défendu la peine capitale, arguant que pour 1 400 meurtres, elle l’a méritée “1 400 fois”. Ce verdict historique survient dans un contexte de fortes tensions politiques, à seulement trois mois d’élections législatives cruciales. Le parti de Sheikh Hasina, la Ligue Awami, victorieux d’élections en 2024 largement considérées comme frauduleuses, a depuis été interdit par le gouvernement intérimaire de Muhammad Yunus.
En réaction, le fils de l’ancienne Première ministre a menacé de bloquer le scrutin, faisant planer le risque de nouvelles violences. En prévision de l’annonce du verdict, la capitale Dacca était placée sous haute surveillance, avec un déploiement massif de forces de sécurité. L’affaire ne se limite pas à ce seul procès. L’ancien ministre de l’Intérieur Asaduzzaman Khan Kamal a également été condamné à mort.
Le parcours politique de Sheikh Hasina est marqué par la tragédie et le pouvoir. Fille du père fondateur du Bangladesh, Hasina et sa sœur ont été contraintes à un long exil, suite au coup d’État militaire de 1975, au cours duquel son père, sa mère et ses trois frères ont été assassinés. Après des années d’opposition politique, elle est devenue Première ministre pour la première fois en 1996. Elle a exercé cette fonction pendant un mandat, puis est revenue au pouvoir en 2008, dirigeant le Bangladesh avec sa Ligue Awami jusqu’à sa chute en 2024.













