Un sujet à traiter entre les banques commerciales et l’autorité monétaire. Les banques commerciales se disent préoccupées par la question de liquidité et des impacts de la hausse importante des taux directeurs de refinancement décidée par la Banque centrale (BCM) au cours de l’année 2022.
Bien que les banques locales se disent conscientes que la décision de la BCM visait à contenir l’inflation, elles appellent l’autorité monétaire à un dialogue pour qu’il y ait une amorce de détente de ses taux. Elles souhaitent que la liquidité soit à nouveau au rendez-vous de façon à ce qu’elles puissent continuer à accompagner la consommation et à contribuer à la lutte contre une inflation importée avec une devise plus forte, expose Alexandre Mey, vice-président de l’Association professionnelle des banques, en marge de la cérémonie de prestation de serment du nouveau gouverneur de la Banque centrale, vendredi.
Le taux des facilités de prêt marginal, c’est-à-dire le taux d’intérêt que les banques commerciales doivent payer si elles empruntent auprès de la Banque centrale pour une durée de 24 heures généralement, n’a pas cessé d’augmenter. Ce taux est passé de 7,2% en novembre 2021 à 8,9% en août 2022 et à 10,10% en octobre. Cet ajustement était destiné à dissuader les banques commerciales d’emprunter de l’argent auprès de la BCM, une procédure à laquelle elles ont souvent recours en cas de besoin de refinancement.
Les responsables des banques commerciales disent vouloir demander une audience auprès du nouveau gouverneur de la Banque centrale pour connaître la position de ce dernier sur le sujet. Ils souhaitent savoir si celui-ci va poursuivre ou pas la politique monétaire qui a été appliquée ces derniers mois. « Nous sommes partisans de quelques aménagements et de quelques évolutions adaptées pour faire revivre et redresser l’économie du pays », lance Alexandre Mey.
L’année 2022 s’est bouclée avec une forme de résilience du secteur bancaire, rapporte encore notre interlocuteur. Les banques auraient enregistré une bonne tenue des activités de crédit, notamment à partir du second semestre de l’année dernière. Parallèlement, la situation des risques aurait été correctement maîtrisée dans son ensemble, notamment pour le crédit à la consommation ; même si les situations sont contrastées pour chaque banque et qu’un certain nombre de sociétés, y compris les plus grandes, ont été confrontées à des difficultés amenant les banques à les approvisionner davantage.














