Elle vient de sortir son premier album, « Lumière », en novembre dernier. Entre la musique et elle, c’est une grande histoire d’amour depuis son enfance. Elle a participé et a gagné l’émission de télévision française Star Academy en 2022. Une participation qui a suscité l’engouement des Malgaches à travers le monde. Depuis sa victoire, elle ne rêvait que d’une rencontre, celle avec son public malgache. Elle s’appelle Anisha Jo et ce dimanche, 15 décembre, elle va réaliser ce rêve au CCI Ivato.
Vous l’avez découverte, en 2022, à l’occasion du retour de la Star Academy, une émission de télévision française de téléréalité musicale et de télécrochet.
Une émission qui a changé sa vie. Car Anisha Jo a remporté la Star Academy cette année-là.
Comment aviez-vous atterri à la Star Academy ?
« On m’a repérée dans une scène ouverte. Un casteur de l’émission [Star Academy] m’a demandée si ça m’intéresserait de participer à l’émission Star Academy. Sur le papier, je trouvais que ça ne m’allait pas à l’époque. J’étais très timide à l’époque. Je ne savais pas comment vivre en communauté. D’autant plus que je ne rêvais pas trop de devenir chanteuse. Mais j’ai accepté en me disant que c’est une destinée. J’ai saisi l’opportunité. Je voulais découvrir et acquérir des expériences aussi peut-être. »
Vous êtes de nature timide, réservée et discrète. La notoriété et l’exposition après la Star Academy vous ont-elles changé ?
« Ta nature reste ta nature. Je suis peut-être encore discrète. Mais, je sais maintenant m’y prendre avec les gens. Auparavant, je ne savais pas comment aborder quelqu’un. Je n’étais pas le genre d’élève-étudiante à lever sa main pour demander la parole. Maintenant, j’ai un peu d’audace. Je fais l’effort de me sociabiliser. Je n’ai plus trop peur d’aborder les gens. La peur est encore là. Mais j’accepté que dans la vie, il ne faut pas supprimer cette peur-là. Il faut l’utiliser et la transformer. C’est ce qui a changé en moi.
Vous avez gagné la Star Academy en 2022. Et vous remportez un album. Comment s’est passée la préparation de cet album ?
« Automatiquement celle ou celui qui est déclaré vainqueur sort un album. J’avais déjà ma vision artistique, à savoir je ferai une musique organique, des chansons à texte, qui parlent et qui portent les messages que je voudrais partager. A l’origine ce sont des messages d’amour, d’espoir et de courage. C’est dans ce cadre que s’inscrit l’ADN de ma musique : je veux faire passer ce message. Il y a eu des discussions en compagnie de mon manager, de la maison de disque, du label, de l’équipe. Nous parlions entre nous. Avec le producteur exécutif, on a discuté de la direction à suivre pour mener l’album à terme. A partir de là, je leur ai exposé ce que j’aimerais faire et ils ont aussi donné leurs visions. Bien sûr ce sont des discussions car au sein d’une équipe il faut se parler, et ne pas imposer ses idées. Par humilité, vous commencez à apprendre et vous ne savez pas le b a ba du sujet. Vous devez aussi avoir confiance à vos collaborateurs, et ils sont à l’écoute car dans cet album il y a eu des collaborations avec des auteurs. Avant je n’avais pas tellement écrit des textes en français, mais plutôt en anglais ou malgache. C’était vraiment un défi pour moi d’écrire des chansons en français pour l’album. Je ne me contentais pas à ce qu’un autre écrivait pour moi ou qu’il y ait déjà des chansons prêtes à être interprétées. Je voulais donner ce que j’avais dans le coeur. J’avais appris l’élaboration d’un album et le processus de création, autrement dit : apprendre ! La plupart des chansons de l’album sont mes compositions, mais il y a également des collaborations, des chansons composées avec d’autres artistes. Il faut toujours apprendre, surtout avec ceux ont déjà du talent afin d’acquérir de l’expérience. En tout cas, je suis ravie d’avoir réaliser cet album. »
Vous avez tenu à ce qu’un titre malgache figure dans l’album…
« Comme vous êtes en France, vous participez à une émission en français, c’est-à-dire vous devez réaliser un album en français. Néanmoins j’ai sollicité pour que des chansons en anglais y figurent, conformément à ma personnalité. J’ai l’habitude de composer en anglais. J’ai aussi demandé à y introduire une chanson en malgache, afin de mettre en exergue le fait d’être Malgache, et ils ont accepté, c’est le résultat du bienfait de la concertation. Ils ont accepté et il y a une chanson en malgache qui s’intitule « Irery ». Elle parle du sentiment que vous éprouvez quand vous quittez votre pays pour vous installer dans un autre pays. Vous avez la nostalgie de votre pays, de vos proches, de vos amis et de vos intimes. C’est également pour montrer que je suis Malgache. Lors des concerts je la transpose un peu en l’interprétant dans un rythme plus entraînant, du genre beko beko afin de prouver que je suis Malgache et que cela est ma langue nationale, cela est mon drapeau national, tout ce qui représente ma malgachitude. Il s’agit de montrer aux étrangers la culture malgache, par l’animation à partir du « lamako », par la danse des épaules, par le port du lamba de soie. Je m’efforce et je m’efforcerai toujours de porter haut et le plus loin possible ce qui est malgache et l’art malgache, si cela est le véritable chemin, je le ferai impérativement. »
Vous donnerez votre premier concert à Madagascar ce dimanche au CCI Ivato. Pourquoi avoir attendu deux ans pour revenir au pays ?
« Je voulais rentrer à Madagascar depuis longtemps. Je voulais rentrer juste après ma victoire. Mais l’engouement était tel aussi là-bas. On devait gérer beaucoup de choses. Il y avait aussi l’album. Ce n’était pas obligatoire mais les gens t’ont suivi. Ils veulent savoir ce que tu proposes artistiquement. J’ai préparé ce projet artistique pendant toute l’année 2023. J’ai aussi repris mes études. J’avais deux, trois choses à faire en même temps. Ce qui ne m’a pas permis de venir même si l’envie était grande. D’autant plus que venir à Madagascar demande énormément d’organisations. Je ne suis plus seule. J’ai toute une équipe qui gère ma carrière. Tout doit être discuté, toujours. Après la sortie de l’album, il y avait la tournée avec la Star Academy. C’était en France, en Belgique et en Suisse. J’étais tout le temps sur la route pour la tournée. Il n’y avait aucune pause. Mais je voulais toujours me produire en concert à Madagascar, rencontrer et remercier le public malgache. Je me suis dit qu’après la tournée, je dois aller à Madagascar, au moins pour terminer l’année. Je ferai tout pour rencontrer mon public. Je me disais que beaucoup ne connaissaient pas encore ma musique. Je voulais leur faire découvrir ma musique et mes nouveaux titres. »
Qu’est-ce qu’on peut vous souhaiter pour la suite ?
Quand vous recevez de la lumière, partagez-la. Quand vous recevez du bien, partagez-le. La plus grande preuve d’amour c’est le fait de donner et partager. Nous allons partager beaucoup d’amour au CCI Ivato le 15 décembre. C’est à partir de 15h. On vous a préparé des surprises. Tous les ingrédients pour vous faire vivre de merveilleux moments ont été réunis. Des musiciens talentueux, des choristes performants, il y aura des invités et des titres surprises. Venez nombreux, nous allons nous amuser ensemble. Nous allons partager de l’Amour. Je vous aime. »














