Antananarivo, 13 Septembre, 20h35 – L’ancienne cheffe de la Cour suprême, Sushila Karki, a été nommée Première ministre de transition du Népal, après la démission du Premier ministre KP Sharma Oli, poussé dehors par une vague de violences inédites dans le pays. Cette nomination intervient alors que le Parlement a été dissous et que des élections anticipées sont fixées au 5 mars 2026.
Âgée de 73 ans, Sushila Karki devient la première femme à diriger le gouvernement népalais. Elle a prêté serment vendredi soir devant le président Ram Chandra Paudel lors d’une cérémonie restreinte, retransmise à la télévision nationale.
La nomination de Sushila Karki, personnalité reconnue pour son intégrité et son indépendance, est le fruit de deux jours de tractations entre les autorités civiles, l’armée et des représentants de la jeunesse mobilisée. Un nouveau conseil des ministres sera formé ultérieurement, a précisé le porte-parole présidentiel Kiran Pokharel.
Cette transition politique survient après des manifestations massives déclenchées par une loi controversée sur les réseaux sociaux. Rapidement transformées en révolte contre la classe politique jugée corrompue, les protestations ont dégénéré en violences, faisant au moins 51 morts selon les autorités. Des bâtiments gouvernementaux ont été incendiés, notamment dans le quartier de Singha Durbar à Katmandou, cœur administratif du pays.
Le mouvement Hami Nepal, à l’origine de la contestation, a salué la nomination de Sushila Karki dans un message publié sur les réseaux sociaux, rendant hommage aux victimes des affrontements. Si une partie des jeunes contestataires reste divisée sur le choix de la nouvelle cheffe du gouvernement, la population semble globalement favorable à une sortie de crise.
Dans les rues de la capitale, où le couvre-feu imposé par l’armée a été levé samedi, des groupes de jeunes ont commencé à nettoyer les débris. Beaucoup expriment l’espoir que cette transition aboutira à un renouvellement de la classe politique. Le taux de chômage chez les 15-24 ans dépasse les 20 % au Népal, et la population jeune reste particulièrement frappée par la précarité et l’inflation.
Sushila Karki, connue pour sa lutte contre la corruption lorsqu’elle était à la tête de la Cour suprême, aura la charge de conduire le pays vers les prochaines élections dans un contexte encore fragile, entre attentes sociales élevées et tensions politiques persistantes.
Photo : The Katmandou Post














