Le Palais national de la culture et des sports résonnera avec une voix culte ce 10 août avec Tovo J’hay qui marquera ses 25 ans de scènes. Plus qu’un chanteur, Tovo J’hay est un conteur d’émotions. Comment cet artiste a-t-il bâti une telle carrière ? Qu’est ce qui a le plus marqué sa carrière ? Que va -t il offrir à ses fans lors de ce concert du weekend ? Rencontre avec un chanteur de charme.
Herinirina Ratovondrahona, alias Tovo J’Hay, a commencé jeune. Il a fait ses preuves avec des groupes comme Maxi, Apy avant de se lancer en solo.
Dans les années 2000, il devient le « chanteur romantique ». Son talent est reconnu, il excelle dans différents genres de musique. Il a même déjà reçu divers trophées.
Comment est né le nom d’artiste Tovo J’hay ?
« Au tout début, quand j’étais encore tout jeune, j’ai fondé le groupe Maxi avec Mbolatiana et Christophe. C’était de 1989 à 1993. Après cette période avec Maxi, j’ai joué du clavier dans un groupe de rock appelé Apy. Après ça, je me suis lancé dans l’a cappella, en créant le groupe « The Jayz ». C’est de là que vient le « Tovo » et que « Tovo J’hay » a été créé en l’an 2000. On a juste ajouté le « h » pour évoquer les notions de « hairaha, haitao, haikanto » (savoir-faire, maîtrise, art). C’était à partir de cela que Tovo J’hay est né, et cela fait 25 ans maintenant.
Pourquoi être passé en solo ensuite ?
« C’était un peu comme une évidence, un chemin naturel. La décision a mûri en moi. Il y avait aussi le désir de partager ce que j’avais au plus profond de moi, alors j’ai choisi de continuer seul, de commencer à montrer au public ce que j’avais à lui offrir. »
Quelle est la chanson qui a le plus marqué votre carrière ?
« Par exemple, « Mbola hafa”. C’est l’une des premières chansons qui m’a fait connaître du public. « Mbola hafa ianao, tsy afaka an-doha » a marqué le début. Il y avait d’autres chansons avant, comme « Niandry irery foana teo », mais c’est avec « Mbola hafa » que les gens m’ont vraiment découvert. Ensuite, l’histoire a continué avec « Satry foana », mon premier album, qui a aussi marqué un tournant. La chanson qui a ensuite fait monter Tovo en popularité fut « Teny mamy”. Ces chansons ont marqué l’histoire, l’histoire qui se continue encore aujourd’hui, avec de nombreux titres que les gens connaissent et chantent : « Tsy misy toa anao », « Ndao mba hiaraka », « Te ho eny aminao eny aho », etc. Il y a aussi eu des duos avec d’autres artistes, comme « Raha tia mozika », « Nofy lalina » avec les anciens Pazzapa. Un autre duo mémorable est celui avec Aina pour la chanson « Babo ». Il y a eu plusieurs chansons qui ont marqué différentes périodes. Et une chanson intemporelle, je le dis humblement, c’est « Teny mamy ». Aujourd’hui, les gens la choisissent encore comme ouverture de mariage. On me demande souvent de la chanter lorsque je suis invité, même en privé. C’est une chanson qui a énormément marqué la vie de Tovo J’hay. »
Quelle est l’histoire derrière la chanson « Teny mamy » ?
« Sa création a une petite histoire. C’est Ny Eja qui a écrit les paroles, et moi j’ai composé la musique. J’avais déjà une mélodie mais je ne savais pas comment y mettre des paroles. Ny Eja était venu et m’a demandé de créer une mélodie. Elle était venue chez moi le soir pour me montrer les paroles. Quand je me suis endormi, c’était comme si quelque chose m’avait frappé en rêve, et au réveil, tout s’est mis en place. La mélodie et les paroles se sont parfaitement accordées. J’ai fait écouter le résultat à Ny Eja, et elle a adoré. Ce qui m’a encore plus marqué, c’est que j’ai été invité à un concert à Antsahamanitra avec un groupe. Cette chanson n’était encore sortie nulle part, personne ne l’avait entendue à part nous à la maison. Je l’ai chantée sur scène et le public a immédiatement réclamé un « bis ». C’est là que j’ai réalisé que les gens aimeraient cette chanson et qu’elle allait marcher. »
Quel est votre meilleur souvenir de scène ?
« Tout a été marquant. Mais ce qui me marque toujours le plus et m’émeut, c’est quand le public chante avec moi, du début à la fin du concert. Le fait que tout le monde connaisse les paroles de la chanson m’émeut toujours un peu quand ça arrive. »
Quel est le secret de la longévité dans le domaine musical ?
« Il n’y a pas vraiment de secret. Je pense que ce sont des chansons qui viennent du cœur. Et quand elles touchent le cœur, elles s’y installent. Les gens s’en souviennent à un moment de leur vie. Je pense que c’est une des raisons. Il y a des chansons qui nous poussent à la réflexion, qui font bouger, mais c’est le fait de toucher le cœur qui fait que ma musique reste avec les gens. Ils ont vécu cette émotion avec moi à l’époque »
Pourquoi l’amour est-il le thème principal de vos chansons ?
« Tovo J’hay est connu pour chanter l’amour. Je pense que c’est parce qu’il est une personne pleine d’amour. En fait, quand je crée une chanson, je me base toujours sur le vécu. Et l’amour est la chose la plus importante dans l’histoire de l’humanité, où que l’on soit. L’amour entre deux personnes, l’amour entre un parent et son enfant, l’amour entre un couple, l’amour de Dieu… Ce sont toutes ces formes d’amour que je raconte dans mes chansons. »
Parlez-nous de votre style musical
« Ce n’est pas vraiment un choix, ça vient tout seul. Le choix n’est peut-être que de 20%, les 80% restants viennent naturellement. Par exemple, je me dis : « le pop va bien à cette chanson », « le reggae va bien à celle-ci », « cette chanson-ci doit être un slow, une chanson lente », « celle-ci doit être ternaire, binaire », des côtés techniques. Mais tout cela vient tout seul.
Tovo J’hay entre dans la catégorie des artistes de variété. Les gens ont d’ailleurs déjà en tête ce qu’ils appellent le « style Tovo J’hay ». C’est un style de variété parce que je fais tout ce qui me convient. Je souligne « Ce qui me convient”, c’est important. Si je faisais du métal par exemple, ça ne m’irait pas, ni par rapport à mon physique, ni par rapport à mon image. Par exemple, j’adore le “kilalaka”, j’adore le “salegy”, mais je ne sais pas si ça m’irait. C’est pour cela que je suis classé dans la variété : je fais de la pop, de la soul, parfois du R&B, parfois un peu de rock, du pop-reggae, du pop-rock, etc. »
Vous avez déjà reçu plusieurs trophées. Quel trophée vous a marqué le plus ?
« Pour un artiste, quand on arrive à un stade où le public vous aime, c’est normal de recevoir des trophées. Mais c’est toujours émouvant parce que c’est une marque de passage. C’est la preuve que j’ai vécu de grands moments dans ma vie, alors je suis content d’avoir reçu ces trophées et je remercie surtout mes fans.
J’ai reçu peut-être quatre ou cinq trophées en 25 ans. Il y a eu le trophée pour la « chanson dance », le trophée pour la « chanson cool tempo »… je ne m’en souviens plus de tous. Mais celui qui m’a le plus marqué, c’est le trophée « sexy ». Je ne sais pas, c’était le choix du public. J’ai reçu le trophée du « plus sexy de l’année », et bien, je l’ai accepté avec plaisir. »
Que pouvez-vous nous dire sur la préparation du concert de ce 10 août ?
« « 25 ans de scène », c’est la grande idée derrière ce concert. Ce sera le dimanche 10 août à 15h00 au Palais des Sports Mahamasina. L’idée est de rassembler en un concert la musique que nous avons vécue avec les fans pendant ces 25 ans. On va donc jouer les chansons qui ont le plus marqué, les chansons les plus appréciées. On a déjà entre 80 et 100 chansons, on ne pourra pas tout faire. Mais on va s’efforcer de jouer les chansons les plus appréciées, qui ont marqué leur enfance, leur adolescence, leur vie. Par exemple « Teny mamy ». On va tout rassembler pour ces « 25 ans de scène” »
Quelles sont les spécificités de ce prochain concert ?
« Nous avons préparé de nombreuses choses. Au niveau des arrangements par exemple, nous avons préparé beaucoup de choses, au niveau de l’ambiance, de façon à ce que ce soit différent de ce que les gens ont l’habitude de voir. Il y aura aussi des danseurs, ce qui ne se fait pas souvent. Il fut un temps où Tovo J’hay avait ses danseurs. Nous allons les faire revenir sur scène. Tout ça pour créer des souvenirs. Les gens de notre génération, qui nous suivaient à l’époque, vont se souvenir : « ah, c’est vrai qu’il y avait ça avec Tovo ». On va refaire revivre ces moments. »
Quelle sera la suite de la célébration des 25 ans de scène ?
« On verra bien pour les 26 ans ! Les 25 ans de scène seront célébrés dans tout Madagascar. On a déjà commencé à l’étranger, au New Morning à Paris, puis il y a eu une tournée en Europe. Maintenant, on va le faire à Madagascar et dans toutes les régions. Nous sommes en train de planifier tout ça. »
En attendant …
« Dimanche 10 août, à partir de 15h00, au Palais des Sports Mahamasina. N’oubliez pas la date, venez nombreux ! Retrouvons-nous, partageons notre amour pour la musique. Nous vous attendons. »














