Madagascar avait été le pays hôte de la Semaine de l’Industrialisation de la SADC. Un évènement en prélude au 45ème Sommet des Chefs d’Etats et de Gouvernements de cette Communauté régionale, et qui avait présenté des opportunités à saisir notamment pour les acteurs touristiques de la Grande île. Le président du Conseil d’administration de la Confédération du tourisme (CTM), Lytah Razafimahefa, en parlé, dans cet interview réalisé dans le cadre de cette Semaine de l’industrialisation.
Madagascar accueille de plus en plus d’événements régionaux et continentaux. Le tourisme de la Grande île ne manque pas d’en profiter. La dernière en date est la Semaine de l’Industrialisation de la SADC. Mais les opérateurs touristiques bénéficient aussi des retombées du Sommet de la SADC. Comment le pays peut-il se positionner en tant que destination, notamment sur le marché de la SADC?
Madagascar a accueilli la Semaine de l’industrialisation de la SADC. Qu’est-ce que le secteur touristique avait à en tirer ?
« Il est important de noter que la Confédération du tourisme de Madagascar fait partie de ce qu’on appelle le SADC Business Council Business Platform depuis 2022 et en même temps du Business Council Tourism Alliance de la SADC. À travers cette organisation, la CTM a pu vraiment s’ouvrir dans l’intégration régionale. Ce qui est très important parce qu’à travers la ZLECAF (Zone de libre échange continentale africaine), à travers aussi tout ce qu’on a appris, ce qu’on a vécu après le Covid, il faut se rendre compte que le marché de proximité, c’est très important pour nous. Il ne faut pas le négliger. Aujourd’hui la connaissance pour Madagascar en matière de tourisme, la connaissance de l’Afrique est quand même assez limitée. Et là ça nous permet vraiment d’avoir beaucoup plus de visibilité, beaucoup plus de compréhension de ce manche-là pour avoir justement un échange intra-africain ».
Comment Madagascar se positionne-t-il auprès de ce vaste marché ?
« Bon, il ne faut pas se voiler la face. Madagascar n’est pas encore une destination très connue, voire même connue. Ce qu’il faut, c’est qu’il y a beaucoup d’efforts que nous devrons faire en termes de marketing, de la promotion de la destination et à commencer par nos voisins dans le continent africain. On se trompe de se dire que l’Afrique n’est pas un marché. Mais si le marché ne vient pas à la destination, c’est que la destination n’est pas encore connue. Donc, il faut que la destination frappe à la porte des marchés, essaie de comprendre beaucoup plus comment les marchés fonctionnent. Mais en même temps, de partager les datas que ces manches-là détiennent pour orienter notre stratégie, que ce soit au niveau opérationnel ou au niveau des plans d’action, dans comment nous allons approcher tout ceci ».
Certaines lacunes doivent donc encore être comblées ?
« En tant que destination qui se développe aujourd’hui, Madagascar se doit d’apprendre ce que l’Afrique fait. Ces pays africains qui se développent énormément, qui ont atteint plus d’un million de touristes annuels, qui ont atteint plus d’un milliard de dollars de recettes touristiques, qu’est-ce qu’ils ont fait ? Et justement, en termes opérationnels, ce qui veut dire ceux qui sont dans le business, en termes promotionnels, avec l’agence de promotion touristique, et aussi au niveau institutionnel, quels sont ce qu’on appelle par exemple les textes réglementaires, qu’est-ce qui régit aujourd’hui le déplacement des gens et des personnes, mais aussi des biens et services au niveau de la SADC”.
La CTM a scellé une alliance avec Africa’s Eden ? Qu’est-ce que cela implique concrètement?
“L’alliance avec Africa’s Eden, avoir une plateforme de B2B pareil, c’est ce que toute entreprise recherche. Quand on fait du roadshow, quand on fait de l’éductour, quand on participe à des foires internationales, l’objectif final c’est quoi ? Avoir des partenaires qui sont dans les marchés et qui vont nous mettre en contact avec le consommateur final. Donc voilà, malheureusement en tant que destination encore pas très connue, Madagascar a besoin d’avoir de partenariats. Donc la plateforme Africa’s Eden qui regroupe à peu près plus de 700 entreprises dans le secteur au niveau régional en Afrique, va ouvrir la porte et même ouvrir des portes aux opérateurs touristiques de Madagascar. En particulier ceux qui sont membres de la Confédération du Tourisme de Madagascar (CTM). Justement de leur ouvrir beaucoup plus d’opportunités en termes d’affaires. Sans ces plateformes là, c’est difficile comme j’ai dit, pour une seule entreprise d’aller entamer une aventure en solo vers le marché”.
Après ces divers évènements déjà accueillis par Madagascar, le pays peut-il être considéré comme une destination MICE (Meetings, Incentives, Conferences, Exhibitions)
“C’est trop tôt de dire directement que voilà Madagascar est maintenant une destination MICE. Mais Madagascar rentre aujourd’hui dans le cadre et vraiment dans le panier des pays destinations MICE. On voit de plus en plus les événements majeurs qui sont organisés dans le pays. Fort heureusement ça va booster les investissements, ça va faire venir beaucoup plus de partenaires étrangers, investisseurs qui vont s’installer à Madagascar. Et vous savez quand ces investisseurs là et les marchés voient que quelque chose bouge, ils vont venir, ils vont s’y intéresser, ne serait-ce qu’à demander des informations. En même temps Madagascar a été connu pour être une destination de circuit, ce qu’on appelle le tourisme itinérant. Aujourd’hui on a une opportunité extraordinaire de développer ce qu’on appelle le “business travel”, donc le tourisme d’affaires relié à tout ceci, dans ce qu’on appelle le MICE ainsi de suite”.














