Antananarivo, 10 Août, 9h45 – Une aide directe aux paysans. Le président de la République Andry Rajoelina annonce que l’Etat achètera auprès des paysans d’Itasy et du Vakinankaratra notamment leurs produits au prix du marché. Les légumes, les fruits et éventuellement les poulets devraient ensuite être, du moins en partie, intégrés dans les paniers d’aides sociales offerts aux familles vulnérables et nécessiteuses.
⭕️Le chef de l’Etat a reconnu dimanche que les agriculteurs sont également affectés par la Covid-19. « Les produits agricoles n’ont plus d’acheteurs », déclare-t-il au cours de son passage sur les chaînes audiovisuelles publiques. « Les paysans jettent les tomates dans l’Itasy, les carrottes sont vendues entre 300 et 400 ariary le kilo », donne-t-il comme exemple. Il évoque également « les plaintes de éleveurs de poulets de chair » dont les marchandises ne trouvent pas non plus preneurs. « Les gouverneurs ont été invités à voir cela de près », avance-t-il.
✅A Fianarantsoa en fin de semaine dernière, les « Vatsy Tsinjo » offerts en présence du chef de l’Etat comprenaient un sachet de légumes frais et non de légumes secs. Celui-ci avait parlé alors de l’achat de 2 tonnes de légumes auprès des cultivateurs afin de les appuyer dans la mesure où « les paysans subissent eux aussi les impacts de la Covid-19 ». « J’ai entendu leur appel, et nous voyons, nous observons ce qui se passe », souligne-t-il encore dimanche, rappelant que « c’est la première fois que des autorités s’engagent sur un tel chantier ».
?Les résultats de l’enquête sur les impacts de la Covid-19 auprès des ménages publiés en Juin par l’Institut national de la statistique (Instat) indiquent clairement que « les sources de revenus les plus touchés par la pandémie de Covid-19 sont celles de l’agriculture ». 44,7% de l’échantillon interrogé indique avoir connu une diminution des revenus, alors que 34,6% seulement ont répondu ne pas être concernés par cette situation.
?Les agriculteurs, pêcheurs et éleveurs n’ont certes pas perdu leur emploi, comme le confirme l’enquête de l’Instat réalisée au début du mois de Juin. Mais les restrictions liées à la circulation des personnes depuis le début de l’état d’urgence sanitaire a impacté la commercialisation de leurs produits depuis avril. Faute de pouvoir accompagner leurs marchandises vers les marchés, les paysans hésitent à les envoyer en zone urbaine. Les produits agricoles à destination des marchés urbains sont généralement transportés par taxi-brousse en compagnie des paysans eux-mêmes.
