147 milliards d’ariary. C’est le montant total des dividendes injectés par les sociétés à participation publique dans les caisses du Trésor en 2025. C’est la part des bénéfices versée par les entreprises dans lesquelles l’État possède des actions dans leur capital. C’est Dorette Ratsiavahana, directrice générale du Trésor public, qui en a fait part à la presse, ce vendredi.
Elle indique que le portefeuille public dénombre 56 sociétés à participation de l’État, dont 26 à participation majoritaire, le reste étant à participation minoritaire. L’État est d’ailleurs actionnaire unique dans 11 de ces entreprises. Toutefois, ce sont les sociétés à participation minoritaire qui génèrent le plus de dividendes pour l’État, comparativement aux sociétés à participation majoritaire, rapporte-t-elle.
Pour Dorette Ratsiavahana, cela peut s’expliquer par un plus grand professionnalisme des dirigeants au niveau du Conseil d’administration (CA) et de la direction générale de ces sociétés. Elle souligne que le suivi et le contrôle ne reposent pas uniquement sur l’État, mais impliquent également les autres actionnaires.
Si le Trésor public affiche ce bilan grâce aux entreprises à participation étatique, la performance réelle reste très inégalitaire. Les résultats financiers de cette année semblent suggérer que le modèle de gestion des 26 sociétés à participation majoritaire publique s’essouffle face à la rentabilité des participations minoritaires. Ce sont les structures où l’État est minoritaire qui renflouent le plus les caisses publiques.
Il est d’ailleurs de notoriété publique que la gestion de ces entreprises d’État a stagné dans l’inefficacité pendant de nombreuses années. “C’est pourquoi il est primordial de renforcer le suivi et le contrôle rigoureux de la gestion de ces sociétés à participation majoritaire de l’État, afin qu’elles deviennent de véritables leviers pour l’économie et qu’elles soient rentables”, lance la directrice générale du Trésor public. Aussi, parmi les recommandations et les réformes envisagées, figure la professionnalisation des membres du Conseil d’administration et de la gestion globale de ces entreprises publiques.
Dans son Diagnostic de la gouvernance et des vulnérabilités à la corruption à Madagascar, le Fonds monétaire international (FMI) estime que les fonctions de « l’Etat actionnaire » ne sont qu’imparfaitement assurées, malgré un cadre juridique favorable. Certains outils et supports pour exercer la supervision des entreprises publiques ont néanmoins été déjà développés par la direction générale du Trésor. Ce département avait déjà mis en place un document-cadre fixant les lignes directrices de la gouvernance et jetant les bases d’une stratégie de l’État actionnaire, renforcé par un guide de l’administrateur destiné à professionnaliser les représentants de l’État dans les conseils d’administration.
La DGT publie également désormais un rapport annuel consolidé qui compile la situation financière et les monographies des entreprises publiques. Et pour l’évaluation des risques est devenue plus rigoureuse grâce à l’intégration de l’outil « bilan de santé des entreprises publiques » (SOE Health Check Tool), développé avec l’appui technique d’Afritac Sud pour ausculter la viabilité de chaque structure.












