Antananarivo, 26 Juillet, 9h08 – Madagascar, comme le Mali, le Burundi ou encore le Rwanda, est parmi les 26 pays qui restent dans la catégorie des économies à faible revenu. C’est ce qui ressort de la nouvelle classification des pays, en fonction de leur revenu, que la Banque mondiale a établie pour l’exercice 2024. C’est cette classification qui sera tenu en compte à partir du second semestre de cette année jusqu’au premier semestre de l’année prochaine.
La Banque mondiale actualise chaque année cette classification au début du mois de juillet, en fonction du Revenu national brut (RNB) par habitant de l’année calendaire précédente. Ce RNB correspond à la somme des revenus des résidents d’une économie sur une période donnée. La Banque mondiale a relevé les seuils de revenu pour l’exercice 2024 par rapport à l’exercice 2023. Pour les pays à faible revenu, dans lesquels figure Madagascar, ce seuil est par exemple passé de 1 085 à 1 135 dollars. Celui pour les pays à revenu élevé passe de 13 205 à 13 845 dollars.
La valeur la plus récente du RNB par habitant de Madagascar était celle de l’année 2022 qui était de 510 dollars. Et si on se réfère aux données sur les comptes nationaux de la Banque mondiale, c’est la plus haute valeur que la Grande île a enregistré en termes de revenu national brut par habitant. Le pays a enregistré ce même niveau en 2019 et en 1982. Des efforts restent ainsi à déployer pour Madagascar car pour accéder au niveau supérieur qui est celui des pays à revenu inférieur intermédiaire, il doit avoir un RNB par habitant compris entre 1 136 et 4 465 dollars si l’on s’en tient à cette nouvelle classification.
La Banque mondiale avait par ailleurs estimé à 81,6% le taux de la population malgache vivant en dessous du seuil de pauvreté qui est fixé à 2,15 dollars par jour en 2022. Toutes ces personnes sont considérées comme vivant dans l’extrême pauvreté, indique l’institution de Bretton Woods.
La plus forte concentration de pauvreté est enregistrée dans les trois régions administratives de la Grande île que sont l’Anosy, l’Androy et l’Atsimo Andrefana, précise la Banque mondiale dans le document sur son Cadre de partenariat pays (CPF) 2023-2027 avec Madagascar. 91% de la population dans cette partie Sud du pays vivent en dessous du seuil de la pauvreté, selon les estimations de cette institution financière.
Le sous-investissement chronique du gouvernement central est notamment avancé parmi les principales causes ayant conduit cette partie de l’île à prendre du retard par rapport au reste du pays. Ces régions sont vulnérables aux chocs naturels répétés et la pandémie de COVID-19 a mis à rude épreuve les moyens de subsistance et le développement humain et a accru la dépendance à l’égard de l’aide humanitaire, expose la Banque mondiale.
Les perspectives sont peu reluisantes. Le taux de croissance de Madagascar devrait se stabiliser mais les pressions inflationnistes resteront cependant relativement élevées. La croissance du PIB réel devrait s’établir à 4,0% cette année pour Madagascar. L’inflation, pour sa part, se situera en moyenne à 10,5% selon la prévision du Fonds monétaire international (FMI), avancée dans son rapport sur la quatrième revue du programme sur la Facilité élargie de crédit (FEC). L’inflation à la fin de 2023 devrait encore atteindre 9,3% après la dissipation de l’effet direct de l’augmentation des prix des carburants en juillet 2022, d’après les estimations du FMI.














