Antananarivo, 21 Septembre, 8h40 – La Banque africaine de développement (BAD) devrait contribuer au soutien de la réforme sur la révision de la méthodologie de notation de crédit par les agences internationales de notation. L’idée est notamment de permettre à Madagascar d’accéder aux marchés financiers internationaux, et de disposer de ressources plus importantes pour financer sa transformation structurelle.
Cette contribution de la BAD devrait se manifester par un appui dans le renforcement des méthodes d’évaluation du risque souverain. L’objectif est alors de réduire la part de subjectivité dans les notations de crédit ainsi que le risque perçu de l’investissement privé dans les pays africains, avance cette institution financière dans son rapport pays 2024 pour Madagascar.
Le président de la BAD, Adesina Akinwumi, avait exposé le « caractère biaisé » des notations de crédit. C’est un obstacle qu’il faudrait surmonter à travers la poursuite des réformes de l’architecture financière mondiale pour combler le déficit croissant de capitaux, plaide-t-il dans son discours d’ouverture de l’Assemblée générale des actionnaires de l’Africa50, vendredi.
Son avis est d’ailleurs partagé par le directeur général de l’Africa50, Alain Ebobissé. “Ce qui est clair, c’est que la perception du risque africain est plus négative que la réalité”, soulève-t-il. Il a pris l’exemple du taux de défaut sur le financement des infrastructures africaines qui est l’un des plus faibles mondialement. “Mais quand nous posons des questions à des investisseurs potentiels, ils pensent que les risques sont beaucoup plus élevés qu’ils ne le sont. Il y a ainsi une différence entre la perception du risque et la réalité”, déplore-t-il.
Aussi, “ce que nous demandons aux agences de notation c’est de prendre en compte dans son ensemble à la fois les challenges et les opportunités”, poursuit Alain Ebobissé. Il estime néanmoins que les pays africains devraient également reconnaître que ces challenges doivent être résolus. “Je préfère ainsi ne pas m’attarder sur les agences de notation mais plutôt mettre en avant ce que nous pouvons faire et ce que nous contrôlons”, lance-t-il. Il parle notamment des réformes et de la mobilisation des propres ressources du continent. “Il faut aussi faire en sorte que nous travaillons suivant les standards internationaux. Le reste suivra”, explique-t-il.
Madagascar avait obtenu sa première notation souveraine en avril 2022. A l’époque, Standard and Poor’s avait attribué la note B-/B pour le pays, avec une perspective positive. Il s’agissait pour le ministère de l’Economie et des finances (MEF) d’une étape franchie pour accéder aux marchés des capitaux internationaux. “Cette notation constitue une incitation pour les investisseurs à financer le développement de Madagascar”, avait alors soutenu le ministère.
Pour le département en charge des finances, l’augmentation du recours aux financements non concessionnels, dits prêts commerciaux, de la part des banques commerciales, s’avère inévitable, vu le déséquilibre entre la disponibilité des financements concessionnels et l’importance des investissements nécessaires au développement de Madagascar. Le MEF avait également souligné qu’afin d’obtenir des conditions financières plus favorables, des mécanismes de garanties offerts par les bailleurs de fonds traditionnels ou les agences d’assurance peuvent être exploités, pour accompagner la levée de financement au niveau international.
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