Mieux coller les financements aux réalités du terrain. C’est un des défis majeurs discutés durant la récente visite de travail, effectuée par une délégation de la Banque européenne d’investissement (BEI), auprès des autorités malgaches vers la fin du mois de février. La partie malgache avait surtout plaidé pour l’ajustement de ces financements aux réalités techniques, climatiques et économiques du pays, selon ce qu’avait rapporté le ministère de l’Économie et des finances.
La BEI avait alors pu effectuer un examen approfondi de son portefeuille de projets à Madagascar, notamment dans les secteurs eau, énergie et infrastructures routières. Selon le ministère des Finances, la BEI avait déjà engagé plus de 546 millions de dollars dans ces secteurs. Le taux de décaissement global n’avoisine toutefois que 51%, d’après ce département. Ce qui, selon se ministère, appelle à une mobilisation renforcée pour optimiser l’absorption des ressources disponibles.
Le partenariat entre Madagascar et la BEI entend alors s’attaquer à trois défis opérationnels majeurs, dont le premier concerne la simplification des conditions préalables au déblocage des fonds. Mais il y a également l‘accélération des indemnisations sociales pour libérer les emprises de chantier ainsi qu’une flexibilité accrue des budgets face aux chocs climatiques et économiques. Les deux parties privilégient ainsi une synchronisation rigoureuse entre l’avancement concret des travaux et leur traitement financier.
Pour y parvenir, l’orientation stratégique repose sur une coordination interinstitutionnelle renforcée et une anticipation des blocages dès la phase de négociation. Et ce, tout en sécurisant les contreparties nationales et en explorant des financements additionnels pour garantir l’achèvement des objectifs initiaux.
Le portefeuille de la BEI à Madagascar, couvrant la période de 1959 à 2025, s’élève à un financement total de 966,9 millions d’euros répartis sur 56 transactions. Son soutien à la Grande île est diversifié, mais se concentre prioritairement sur les infrastructures lourdes et le développement industriel. Les secteurs du transport (303,7 millions d’euros), de l’industrie (287,9 millions) et de l’énergie (191,8 millions d’euros) captent la grande majorité des fonds, comme détaillé par cette institution financière européenne sur son site officiel.
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