Antananarivo, 10 Novembre, 16h50 – Le secteur de la pêche devrait connaître une contraction de 5,2 % en 2025, selon les prévisions du document de performance du projet de loi de finances. Cette baisse serait la conséquence directe de la fermeture de plusieurs sites d’aquaculture et de la réduction du nombre de licences de pêche délivrées pour l’année. La diminution des commandes en provenance de marchés clés comme la Chine et l’Europe accentue encore la pression sur la filière, déjà fragilisée par des contraintes structurelles et des difficultés logistiques persistantes.
Les exportations de produits halieutiques illustrent ce ralentissement. Sur les huit premiers mois de 2025, elles ont reculé de 10,7 % en volume et de 9,5 % en valeur par rapport à la même période de 2024. Ce repli s’explique principalement par la baisse des exportations de crevettes, de poissons et de langoustes. Les acteurs du secteur subissent ainsi les effets combinés de la baisse de la production et du ralentissement de la demande mondiale, notamment sur les marchés européens où la consommation s’oriente vers d’autres produits.
La crevette, produit phare des exportations de pêche, enregistre la plus forte baisse, –11,6 % en volume et –16,9 % en valeur. En 2025, les exportations se chiffrent à 3 756,7 tonnes contre 4 250,9 tonnes en 2024. Cette contre-performance résulte de la fermeture de certains sites d’aquaculture et des difficultés de commercialisation sur le marché européen, où la demande a fortement reculé. La filière crevettière, autrefois locomotive du secteur, apparaît désormais comme l’un de ses maillons les plus vulnérables.
Les exportations de poissons et de langoustes ne sont pas épargnées. Si les volumes de poissons exportés ont légèrement reculé de 1,9 %, leur valeur a progressé de 17,1 %, traduisant une hausse des prix sur les marchés. En revanche, les exportations de langoustes ont chuté de 12,7 % en volume et de 7,5 % en valeur. Ces résultats confirment une tendance globale à la baisse et soulignent la nécessité pour le secteur de la pêche de renforcer ses capacités de production, de diversification et de gestion durable pour affronter un contexte économique mondial incertain.














