Antananarivo, 21 Décembre, 14h55 – Des organisations de la société civile haussent le ton contre une éventuelle annulation de la liste détaillée des quotas d’exportation de crabes de mangroves scylla serrata pour 2022, le ministère de la Pêche et de l’économie bleue (MPEB). Elles disent même dans un communiqué qu’une décision en ce sens aurait même déjà été prise. « Nous sommes étonnés que le ministre qui a publié la décision soit celui qui l’abroge », regrette Ndranto Razakamanarina, membre de l’Alliance Voahary Gasy, un des signataires du communiqué dénonçant l’abrogation de la décision ministérielle.
Interrogé sur ce sujet, le ministère de la Pêche et de l’économie bleue (MPEB) préfère rester discret. Etienne Bemanaja, directeur général de l’Aquaculture affirme ne pas avoir de réponse à donner pour le moment. Il confirme néanmoins que le sujet sera évoqué en Conseil des ministres demain mercredi, et promet une réponse officielle du MPEB dans les plus brefs délais.
La société civile craint que cette décision du gouvernement, si elle était effective, « n’ait pour conséquence le retour au monopole de quelques entreprises de la filière crabe ». Il n’écarte pas la possibilité que le ministre ait pu subir une quelconque pression. Les signataires du communiqué publié lundi, soulignent « le besoin de transparence et l’importance de l’ouverture du marché de la filière crabe à tous les acteurs qualifiés surtout les Malgaches ». Ils estiment cette démarche importante afin « d’assurer l’équité et le changement dans l’exploitation des ressources halieutiques et d’apporter un plus dans l’économie du pays ».
Le 15 Décembre, le MPEB a publié la liste des sociétés autorisées à exporter les crabes scylla serrata pour l’année 2022 ainsi que leurs quotas d’exportation. 32 exportateurs figurent dans la liste, et 18 sociétés ont demandé à exporter des crabes congelés et 14 à exporter des crabes vivants. 4 750 tonnes de crabes de cette espèce sont prévues être destinées à l’exportation pour 2022, selon la liste publiée par le ministère.
« La publication de la liste des quotas d’exportation et des sociétés à qui ils sont attribués permet un meilleur suivi de l’exploitation des ressources », outre le fait de rompre le monopole de cette filière par quelques entreprises étrangères, peut-on encore lire dans le communiqué des Organisations de la société civile. « Nous soutenons la décision prise par le ministre en publiant cette liste, et nous espérons que le gouvernement maintiendra la publication de ces informations », souligne encore Ndranto Razakamanarina.
Photo : Ministère de l’Agriculture et de l’élevage














