Antananarivo, 18 juin, 10h40 – L’Etat dévoile ses plans lors de la rencontre avec les représentants du secteur privé mercredi à Iavoloha. Il propose « trois lignes de financement » pour soutenir les petites et moyennes entreprises (PME) ainsi que les micro-entreprises dans le cadre de la situation d’urgence sanitaire. Il parle de prêts avec des taux « privilégiés » et « bonifiés » allant de 8% à 10%.
Le premier prêt proposé est mis en place par le programme Fihariana, programme national de promotion de l’entrepreneuriat lancé par le chef de l’Etat dans le cadre de la réalisation de son l’Initiative pour l’émergence de Madagascar. Le financement, d’un montant total de 50 milliards d’ariary, « Miarina » propose « un prêt sur 24 mois avec un taux privilégié de 8% à 9% et un différé pouvant aller jusqu’à six mois », précise un communiqué de presse de la présidence.
La deuxième piste de soutien est mise en œuvre à travers la Banque centrale qui mettra à disposition des banques primaires une enveloppe de 150 milliards d’ariary, soit 40 millions de dollars. Celles-ci devraient pouvoir proposer aux Petites et moyennes entreprises (PME) des prêts « à taux bonifié à moins de 10% ». « Il devrait y avoir une collaboration avec les banques pour que celles-ci octroient des prêts avec des taux d’intérêt de moins de 10%, soit 8% ou 9%, sachant que le taux d’intérêt proposé par la Banque centrale est à 4,98%. Et cela est possible », soutient Richard Randriamandrato, ministre de l’Economie et des Finances.
980 000 entreprises bénéficiaires
Pour sa troisième proposition, l’Etat met à disposition une ligne de refinancement d’un « montant total de 80 milliards d’ariary et d’une maturité d’un an » à l’intention des institutions de micro-finances. Celles-ci, indique le communiqué de la présidence, « bénéficieront d’un taux d’intérêt concessionnel de 4,97% ». Ce taux, « largement inférieur à leur coût de ressources habituelles auprès des banques commerciales », selon la présidence, « devrait leur permettre d’accorder des crédits dont les taux seront beaucoup plus abordables ». La possibilité de proposer des prêts « à 10% annuellement » est soulignée dans la communiqué alors que « actuellement les taux varient entre 20 et 40% annuellement pour ces établissements ».
Ces programmes de financement concernent principalement les petites et les micro-entreprises qui constituent plus de 99% des entreprises existant à Madagascar. Les petites unités de production informelles dont le nombre s’élève à plus de 2 200 000 devraient également pouvoir être soutenues grâce à l’appui des institutions de micro-finances. Dans son communiqué, la présidence précise que « plus de 980 000 opérateurs malgaches, comprenant les petits exploitants et distributeurs agricoles, les opérateurs individuels des secteurs tourisme, commerce, artisanat, manufacturiers bénéficieront de ces prêts ».
Le plan proposé par l’Etat ne répond pas tout à fait aux souhaits de ses bénéficiaires. Lors de la rencontre mercredi, Andrianavalomanana Razafiarison, président du Groupement des opérateurs malgaches (Fivmpama – Fivondronan’ny mpandraharaha malagasy) a indiqué que les PME souhaitaient surtout être subventionnées. Mais si l’Etat ne dispose pas de suffisamment de fonds pour cette solution, il propose « des prêts avec des taux d’intérêt de moins de 5% ».














