Alors que de nouveaux cas d’intoxication alimentaire viennent d’être signalés à Ambositra avec au moins sept morts dans différentes régions de Madagascar, le ministre de la Santé publique, Pr Zely Randriamanantany, alerte la population sur les risques sanitaires liés à une mauvaise hygiène alimentaire. Il insiste notamment sur la nécessité de respecter la chaîne du froid pour les produits sensibles, et met en garde contre certaines pratiques à risque, comme l’utilisation d’œufs de cane pour la préparation de mayonnaise. À quelques jours des festivités du 26 juin, le gouvernement multiplie les campagnes de sensibilisation pour prévenir de nouveaux drames.
C’est d’Ambositra que le Pr Zely Randriamanantany lance la sensibilisation. A la veille de la fête nationale, il appelle à la vigilance dans la préparation des repas.
Après Toamasina et Mahajanga, des cas d’intoxication alimentaire sont signalés à Ambositra. Au moins sept personnes sur les 24 patients hospitalisés ont perdu la vie.
Pr Zely Randriamanantany, Ministre de la Santé publique :
« La sensibilisation que nous faisons en ce moment, elle a commencé depuis plusieurs semaines déjà. Comme le dit un proverbe malgache, “mieux vaut prévoir le mal pour que le bien advienne. Il est donc souhaitable que chacun fasse preuve de vigilance en cette période de fête nationale. Nous connaissons quels sont les éléments réputés à risque. Par exemple, l’utilisation d’œufs de cane pour faire de la mayonnaise.
Ou encore certains aliments qui nécessitent d’être conservés au réfrigérateur doivent toujours être gardés au réfrigérateur, et il est impératif de maintenir constamment cette chaîne de froid. Dès que la température monte un peu, des bactéries peuvent s’y développer. Un aliment congelé puis décongelé ne doit jamais être recongelé. Lorsqu’on prépare de la nourriture, il faut faire très attention. C’est pour cela qu’il est recommandé que la personne qui cuisine porte des gants. Elle les porte pendant la préparation, puis les enlève pour éviter toute contamination des aliments. L’essentiel, c’est l’hygiène.
Une personne qui a ne serait-ce qu’une petite plaie à la main, si elle ne fait pas attention et manipule des aliments, risque de transmettre des bactéries et de provoquer des maux de ventre chez ceux qui consommeront ces plats. C’est pourquoi la campagne de sensibilisation est menée de manière rigoureuse, et tout le ministère de la Santé est mobilisé à ce sujet. Mais ce n’est pas seulement l’affaire du ministère de la Santé.
Plusieurs autres ministères ont également des responsabilités dans tout ce qui touche à l’alimentation. Les équipes du ministère du Commerce sont déjà descendues sur le terrain depuis plusieurs semaines pour détecter d’éventuelles huiles ou farines périmées. Car c’est ce qui fait le buzz sur les réseaux sociaux maintenant : il y aurait tel type d’huile, ou de farine douteuse. Des actions préventives sont donc menées en amont, car on sait à quels moments de l’année ces intoxications alimentaires surviennent, et le gouvernement dans son ensemble prend ses responsabilités pour nous permettre de célébrer les fêtes dans la sérénité.
Mais la vigilance doit venir de chaque individu.
Prenons l’exemple des œufs de cane. On ne peut pas savoir quand est-ce que la cane les a pondus. Nous devons tous, dans la chaîne de préparation des aliments, faire preuve de prudence. Je l’avais déjà dit l’autre jour, un cuisinier m’avait dit que lorsqu’on fait de la mayonnaise avec des œufs de cane, on en obtient une grande quantité, pas comme quand on en fait avec des oeufs plus petits. Mais ici, c’est la vie humaine qui est en jeu, et la vie doit passer avant toute autre considération.
C’est cette sagesse malgache que nous devons préserver.














