L’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) estime que 41 pays dans le monde nécessitent actuellement une assistance alimentaire externe, dont 31 en Afrique. Madagascar reste parmi ces pays africains dans cette situation, selon le rapport mondial triennal sur les Perspectives de récoltes et situation alimentaire de la FAO, publié en ce mois de mars.
Les conflits et l’insécurité demeurent globalement les principaux moteurs de l’insécurité alimentaire aiguë sévère, tandis que les chocs climatiques viennent accentuer la précarité dans plusieurs régions. Pour Madagascar, la dégradation de la situation repose spécifiquement sur deux facteurs, dont des conditions météorologiques défavorables et des prix alimentaires élevés.
Selon la dernière analyse du Cadre intégré de classification de la sécurité alimentaire (IPC), on estime que 1,8 million de personnes seront confrontées à une insécurité alimentaire aiguë de niveau Phase 3 (Crise) entre février et avril 2026. Une prévalence qui reste inchangée par rapport à l’année précédente. Les effets des récents cyclones, les inondations ainsi que les conditions de sécheresse persistantes dans le sud au début de l’année devraient également constituer les principaux facteurs de stress, expose la FAO.
Madagascar et le Mozambique ont été les pays les plus durement touchés par les fortes précipitations de cette saison, avec des pluies diluviennes en décembre 2025, note la FAO. Cette situation s’est aggravée par les cumuls pluviométriques substantiels apportés par les cyclones tropicaux Fytia et Gezani en janvier et février 2026.
Dans les régions septentrionales de Madagascar, où se situent certaines zones clés de production rizicole, les précipitations enregistrées entre novembre 2025 et janvier 2026 étaient également supérieures de plus de 40 % à la moyenne de longue durée. Inversement, des précipitations déficitaires et tardives étaient enregistrées dans certaines parties du Sud et de l’Ouest du pays depuis le début de la campagne. Aussi, la FAO anticipe une probabilité accrue d’une production céréalière nationale inférieure à la moyenne pour l’année 2026.














