Antananarivo, 12 Mars, 17h30 – Pour une croissance plus inclusive et partagée. L’atteinte de cet objectif implique de rattraper le retard dans la transformation structurelle de l’économie, qui est le principal défi de développement de Madagascar. C’est ce qu’expose la Banque africaine de développement (BAD) dans le Document stratégie pays (DSP), le document cadre de partenariat qui la lie avec la Grande île pour la période 2022-2026.
La BAD soulève dans ce document que le modèle actuel de croissance économique présente plusieurs contraintes. Ce partenaire de Madagascar évoque la forte dépendance à l’importation des matières premières et d’intrants, un environnement des affaires difficile, une faible capacité de mobilisation des recettes publiques et une faible efficacité des dépenses publiques.
La Banque africaine réalise que « le modèle basé sur les industries d’exportation mise en œuvre suite à la libéralisation de l’économie a permis le développement des entreprises franches industrielles de la branche textile et l’essor des activités extractives ». Et ce modèle a même permis « d’induire un début de transformation structurelle avec un gain de 8 points du PIB de la valeur ajoutée industrielle entre 2000 et 2019 », indique cette institution financière.
La BAD soutient toutefois que ce modèle n’a pas favorisé la création d’un espace budgétaire suffisant pour permettre à l’Etat de fournir les services publics clés comme les routes, l’énergie, l’eau, l’éducation et la santé. Alors que ce sont des services nécessaires pour soutenir l’accélération du processus de transformation structurelle de l’économie et de création d’emplois décents.
Le modèle de croissance économique actuel a également contribué à entretenir la fragilité et à exacerber les tensions sociopolitiques dans le pays en raison de la précarité d’une bonne partie de la population, estime la BAD. Elle explique cette situation par l’affaiblissement des institutions publiques et de l’augmentation de la pauvreté.
Ainsi, pour que Madagascar puisse faire face à son défi de développement, la BAD avance dans le DSP un nouveau modèle de croissance qui propose six piliers stratégiques. Cette institution parle en premier lieu de l’amélioration de l’environnement des entreprises pour mieux attirer les investissements directs étrangers dans de nouvelles niches industrielles. Elle encourage la promotion de l’innovation, avec un accent particulier sur les ressources énergétiques renouvelables ou encore les infrastructures de transport durables et la productivité de l’agriculture.
Les autres piliers concernent le renforcement de la diversification géographique du commerce, la réforme du système éducatif pour agir significativement sur l’amélioration de la qualité et l’adéquation du capital humain et la promotion de la participation et l’autonomisation des femmes au marché du travail. Et enfin la BAD suggère de mettre l’accent sur le rôle de l’Etat, notamment en ce qui concerne les incitations à l’investissement pour les opérateurs privés.














