Une perche financière tendue aux exportateurs et collecteurs-préparateurs agréés. L’Alliance de la vanille Malagasy (AVM) prévoit le rachat d’une partie des stocks dormants de vanille préparée dans les régions Diana et Sofia. Elle évoque des tarifs fixés entre 70 000 ariary par kilo pour les cuts et 140 000 ariary par kilo pour la qualité noire. L’appel à manifestation d’intérêt pour la sélection des opérateurs dans le cadre de ce mécanisme exceptionnel de résorption de stock est déjà lancé.
Pour en bénéficier, les opérateurs doivent se plier à une condition stricte et immédiate. Ils doivent réinvestir massivement dans la campagne en cours en achetant obligatoirement 5 kilos de vanille verte dans ces deux régions pour chaque kilo de vanille préparée vendu à l’Alliance, qui est une institution publique instituée au mois d’avril pour l’organisation de la filière. C’est donc un mécanisme de « donnant-donnant » qui redéfinit les règles du jeu dans cette démarche.
L’AVM entend désengorger les stocks de vanille préparée en appliquant des prix de rachat fixes et qui se veulent attractifs. Ils s’établissent à 140 000 ariary le kilo pour la vanille noire, 125 000 ariary pour la vanille rouge et 70 000 ariary pour les cuts. La contrepartie obligatoire de 5 kilos de vanille verte pour 1 kilo de vanille préparée vendu impose inversement aux opérateurs un barème de dépenses auprès des producteurs des régions Diana et Sofia.
Cette obligation d’achat est régie par des prix minima obligatoires de 10 000 Ariary le kilo pour la vanille verte longue, supérieure ou égale à 13 cm et de 5 000 Ariary le kilo pour la vanille courte, c’est-à-dire celle d’une longueur inférieure ou égale à 12 cm. Ainsi, pour chaque kilo de vanille préparée écoulé, l’opérateur doit mobiliser entre 25 000 et 50 000 ariary de trésorerie brute pour financer sa collecte obligatoire de vanille verte.
Si l’argument financier pourrait séduire, une limite stricte des vanilles préparées rachetées est fixée. L’enveloppe globale de l’opération est plafonnée à seulement 75 tonnes de vanille préparée pour l’ensemble du pays. Et encore, étant répartis à parts égales entre les deux régions, soit 37,5 tonnes chacune, ces volumes risquent d’être très rapidement absorbés par les demandes des opérateurs en quête de liquidités, réagit un exportateur.
Cette disposition est prise, dans le cadre de la mise en œuvre des résolutions adoptées lors de la première réunion du Conseil d’Administration de l’AVM tenue au début de ce mois de juin. Cette institution estime que ce mécanisme exceptionnel de résorption des stocks de vanille préparée contribuerait à soutenir la filière vanille, à améliorer les revenus des producteurs et à soutenir la relance du marché.















