Antananarivo, 2 Juillet, 14h15 – Des dettes à vendre. Le règlement d’une partie ou de la totalité des dettes de la Jirama à travers des opérations de rachat de créances est une des modalités d’apurement des arriérés de cette société d’Etat envers ses prestataires privés. Ce sont les banques privées de la place qui seront sollicitées dans cette opération proposée dans le plan de redressement financier de la compagnie nationale.
Cette modalité de paiement de dette par des banques privées avait été exposée par la ministre Rindra Rabarinirinarison, lors du récent face-à-face entre les sénateurs et le gouvernement. La ministre en charge des finances avait expliqué lors de cette rencontre que la Jirama est autorisée à faire cette cession de créance. Elle avait alors souligné que cette opération n’engage pas l’Etat, mais seulement la Jirama, ses prestataires privés qui acceptent cette modalité et les établissements financiers.
Le plan de redressement financier de la Jirama avance toutefois que c’est “l’Etat et la Jirama qui se chargeront du remboursement aux banques privées sur une période de cinq ans ou avec des conditions favorables”. Le document parle entre autres de différés de paiement ou encore de période de remboursement plus longue.
L’autre modalité d’apurement des arriérés de la Jirama envers le secteur privé c’est le paiement direct de l’Etat et de la Jirama sur une période de cinq ans. Celle-ci concerne les fournisseurs de carburant, les producteurs indépendants d’électricité et loueurs de groupes qui ne souhaitent pas recourir au rachat de leurs créances par les banques privées.
A fin décembre 2024, la Jirama devait 1 747,90 milliards d’ariary d’arriérés envers ces fournisseurs privés. Ceux-ci sont notamment composés des arriérés de location de groupe, des arriérés accumulés envers les entreprises qui lui produisent de l’électricité de manière indépendante et qui lui vendent pour distribution, ainsi que d’autres arriérés envers divers acteurs comme ses clients, des organismes sociaux et de son personnel.
La Jirama avance dans son plan de redressement que c’est le paiement des arriérés au secteur privé et notamment aux producteurs indépendants d’électricité qui sera priorisé. Une disposition qui devra permettre une incitation pour les investissements dans de nouveaux projets d’énergies renouvelables et pour permettre la fourniture de carburant nécessaire pour la production électrique d’origine thermique.
A part ses arriérés envers la Jirama, elle doit également de l’argent envers le gouvernement, des organismes publics, en plus des taxes communales qu’elle doit régler. A fin décembre 2024, le total des arriérés de paiements de la compagnie nationale d’eau et d’électricité s’élevait à 2 784,54 milliards d’ariary.
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