Antananarivo, 29 Octobre, 6h25 – Fin des surenchères et entente trouvée. Madagascar et l’Union européenne (UE) s’entendent sur un nouvel accord de pêche qui liera les deux parties sur quatre ans. Il s’agit d’un accord qui permettra à des navires européens de pêcher à nouveau des thons dans les eaux de Madagascar, pour des contreparties et contributions financières s’élevant à 3,22 millions d’euros par an, soit un total de 12,88 millions d’euros durant la durée du protocole, comme l’a détaillé l’Union Européenne dans un communiqué qu’elle a publié vendredi.
Cet accord permettra à la flotte de l’UE de mener des activités de pêches dans les eaux malgaches. Le nombre des navires européens autorisés à y pêcher du thon ainsi que les espèces qui lui sont associées est limité à 65. Il s’agit de 32 thoniers senneurs, de 13 palangriers de surface d’une jauge brute de plus de 100, et de 20 autres palangriers mais avec une capacité inférieure, précise l’UE. L’attente de la partie malgache durant les rounds de négociations semble bien satisfaite sur ce point.
Pour ce qui est du tonnage de référence, le protocole s’en tient finalement à 14.000 tonnes, correspondant à peu près aux 13.500 tonnes qu’avait prévu l’UE, mais loin des 25.250 tonnes de thons que les négociateurs malgaches avaient proposé à l’Union Européenne (UE) durant les négociations de ce nouvel accord de pêche.
Sur le volet financier, les activités de pêche de ces navires européens devront générer au total 3,22 millions d’euros par an, soit 12,88 millions d’euros pour les quatre ans de mise en œuvre de ce nouvel accord. Cette somme se répartit en une contrepartie financière annuelle de 1,8 million d’euros versée par l’UE, qui inclut une contribution annuelle de 1,1 millions d’euros par an pour soutenir le secteur de la pêche à Madagascar.
Les armateurs européens, quant à eux, y rajouteront une contribution de 1,4 million d’euro par an, incluant une contribution spécifique destinée à la protection de l’environnement marin et la protection des écosystèmes. Il est à rappeler que dans le dernier accord qui était arrivé à son terme à la fin de l’année 2018, la subvention de capture qu’avait versée l’UE était de 6 millions d’euros au total.
Par ailleurs, l’UE maintient que ce nouvel accord génèrera également des retombées économiques et sociales pour la Grande île, avec notamment les activités de débarquement et de transformation induites par les activités de ces navires de pêche européens. Mais un accroissement du nombre de marins malgaches qui pourront être embarqués à bord de ces navires est aussi à espérer.
Pour l’Union européenne, cet accord « conforte la volonté des parties d’améliorer la gouvernance des pêches, la gestion durable des ressources biologiques marines et la lutte contre les pêches illicites. L’UE ajoute qu’il permettra également « de renforcer la protection des systèmes marins et le développement durable du secteur de la pêche. Selon le ministère de la Pêche et de l’économie bleue, il s’agit du « meilleur accord de pêche avec l’Union européenne dans l’océan Indien ».
L’Union européenne et Madagascar engagent les procédures législatives nécessaires à la signature de ce nouvel accord et de son protocole de mis en œuvre. Les deux parties prévoient son application à partir du 1er juillet 2023. Le ministère évoque également la nécessité de traduire l’accord dans les 22 langues des 27 pays de l’UE.
Photo : Ministère de la Pêche et de l’économie bleue














