Les autorités évoquent une évolution positive de la tendance de la courbe de l’épidémie de la rougeole après des chiffres qui avaient donné le tournis.
« Je vous rappelle que (…) nous sommes dans la bataille contre la rougeole depuis un mois. Nous constatons que le nombre d’enfants qui vont dans les centres de santé diminue, tout comme ceux qui sont touchés par la rougeole », indique Julio Rakotonirina , ministre de la Santé publique, mardi à Ambohidahy. Le membre du gouvernement n’a pourtant pas dévoilé des chiffres pour mesurer l’impact des mesures prises par les autorités pour faire face à l’épidémie.
Jusqu’ici, la rougeole a provoqué des dégâts énormes au niveau des bébés et des enfants. Les chiffres officiels du Ministère de la santé publique du 22 février font état de 79.274 cas de rougeole enregistrés. « Sur les 926 décès annoncés dus à la rougeole, 553 sont des cas confirmés avec liens épidémiologiques», avait précisé le docteur Manitra Rakotoarivony, directeur de la promotion de la santé au ministère de la Santé publique.
L’épidémie de rougeole ravage de plus en plus de district. « Sur les 114 districts, 110 districts sont confirmés impactés par cette épidémie, dont 102 sont vraiment dans un cas épidémique » détaille le docteur Manitra Rakotoarivony. Parmi les cas de rougeole enregistrés, 63% sont des personnes ne sont pas vaccinées ; tandis que 37% sont déjà vaccinées. Pourtant, « vu le cas d’épidémie à Madagascar, les personnes vaccinées qui date depuis longtemps sont susceptibles d’être infester par la rougeole » explique le directeur de la promotion de la santé.
Plusieurs raisons sont avancées pour expliquer la recrudescence de l’épidémie. La réticence des parents à rejoindre un centre de santé de base en est une, tout comme la sous-alimentation. Par ailleurs, les partenaires techniques et financiers de Madagascar insistent sur la prévention pour éviter la propagation de l’épidémie. L’amélioration du fonctionnement du système de surveillance épidémiologique en fait partie.
La faiblesse de la couverture vaccinale constitue également un facteur non-négligeable. Le gouvernement organise des campagnes de vaccination pour faire face à une situation préoccupante. Une source autorisée au niveau des partenaires techniques et financiers parle de la « défaillance de la vaccination de routine » et de la « couverture vaccinale (…) faible ».
Pour faire face à cette faiblesse, le gouvernement, avec l’aide de l’Alliance du vaccin (GAVI), se dote de 500 réfrigérateurs solaires d’une valeur de 4,5 millions de dollars pour améliorer le logistique pour le programme de vaccination. Le matériel devrait être acheminer auprès de 500 centres de santé « pour permettre la vaccination quotidienne » selon Julio Rakotonirina. Le Fonds des Nations unies pour l’enfance (UNICEF) s’occupe de la partie technique de l’opération y compris l’installation du matériel et la formation du personnel médical.
C’est un « effort pour rectifier et améliorer le système vaccinal », soutient Michel Saint-Lot, représentant résident de l’UNICEF. En effet, la défaillance du système dans les centres de santé constitue un handicap indéniable pour le programme de vaccination dans la mesure. Jusqu’ici, la plupart des centres de santé de base fonctionnent avec des réfrigérateurs thermiques. Parfois, l’approvisionnement en pétrole constitue un parcours de combattant pour les centres enclavés. Et l’achat de pétrole coûte à peu près 250 000 dollars par an, ce qui représente un coût non négligeable.














