Parmi les priorités du moment. Les organisations de la société civile comptent remettre sur le tapis la Loi n°2016 – 058 portant création du Fonds national pour la vaccination. Ce texte adopté en 2016, jusqu’ici inappliqué, vise à garantir un financement pérenne du programme de vaccination. “De nombreux régimes se sont succédé depuis 2016, mais la promulgation et la publication du décret d’application de cette loi restent bloquées à ce jour”, déplore l’assistant du programme de plaidoyer pour la vaccination au sein du Consortium composé de la plateforme Hina, du Collectif des citoyens et des organisations citoyennes (CCOC) et NOSYW, Miarosata Rakotonirina.
A en croire le responsable du Consortium, des stratégies sont actuellement en cours pour faire avancer le processus de relance de la loi 2016 – 058. “Des rencontres avec les parlementaires sont au programme afin de déterminer les démarches à suivre et de renforcer le plaidoyer au niveau du gouvernement”, avance le responsable au sein du consortium. Sur le terrain, plusieurs actions ont déjà été engagées, tant au niveau national que régional, pour renforcer le financement de la vaccination. Cette année, les acteurs de la société civile ont intensifié leurs efforts afin d’identifier des leviers d’augmentation budgétaire, que ce soit à travers la Loi de Finances ou au niveau des centres de santé de base et des hôpitaux.
Le cofinancement de l’État dans le programme de vaccination est crucial pour garantir l’équité et élargir l’accès aux soins. Selon le coordinateur national du “Global Health Advocacy Incubator”, Dr Eli Ramamonjisoa, les dépenses annuelles du ministère de la Santé publique liées à la vaccination s’élèvent à 15 millions de dollars, dont 5 millions cofinancés par l’État à partir de ressources internes. Les 10 millions restants proviennent de financements extérieurs, ce qui crée une dépendance durable. “Augmenter la contribution de l’État s’avère indispensable, surtout dans un contexte où 70 % des programmes de vaccination dépendent encore des bailleurs de fonds”, précise t-il.
L’investissement dans la vaccination représente un choix stratégique vu sa rentabilité. “1 dollar investi génère un retour de 23 dollars sur le plan économique. Ce n’est pas un programme budgétivore, mais un programme économique le plus performant”, conclut le Dr Ramamonjisoa. L’Etat malgache déjà pris l’engagement de disposer d’un fonds alimenté chaque année, spécifiquement dédié à la vaccination, mais celui-ci reste, pour l’instant sans concrétisation. Pour les organisations de la société civile, le blocage du texte pourrait s’expliquer par le manque de volonté politique, négligeant l’importance d’investir dans la vaccination.














