Antananarivo, 14 Juillet, 21h00 – Le directeur du Laboratoire des analyses médicales de Madagascar (LA2M) donne sa version des faits. “J’affirme ici que les cas survenus à Ambohimalaza ne constituent absolument pas du botulisme”, martèle le Pr Andry Andrianarivelo, professeur agrégé en bactériologie et virologie. Le spécialiste s’appuie sur les témoignages des patients, mais aussi sur ce qu’il dit être des études scientifiques sur le botulisme.
Comme le ministère de la Santé publique, le directeur du LA2M privilégie la thèse du donut comme le principal aliment suspect d’avoir contenu la substance toxique. Dans une vidéo publiée par le ministère de la Santé, le numéro Un du LA2M souligne que “la cuisson prolongée d’un aliment, comme c’est le cas pour les donuts, détruit la toxine botulinique”. Il ajoute également que “dans un donut où le taux de sucre est élevé et où la teneur en eau est donc faible, la toxine botulinique ne peut pas survivre”. Il indique également que “l’acidité du donut empêche la toxine de se développer”.
Outre les preuves scientifiques, le Pr Andry Andrianarivelo s’appuie sur les réponses données aux questions posées lors de l’interrogatoire clinique. Cette phase qui précède tout diagnostic médical a concerné aussi bien les patients que les personnes qui ne sont pas malades mais qui ont consommé le même aliment soupçonné d’être à l’origine de l’intoxication, précise le spécialiste.
Dans sa vidéo, le directeur du LA2M n’évoque pas les résultats des analyses bactériologiques qui auraient été faites sur le donut ou les aliments servis durant la fête d’anniversaire à l’issue de laquelle 27 personnes au moins ont perdu la vie. Dans le premier rapport toxicologique effectué juste après le drame, il était question de “poursuivre l’investigation avec les échantillons prélevés et le scellage effectué par la direction de la protection des consommateurs du ministère de l’Industrialisation et du commerce dans la salle de transformation”.
Après la première étape spécifique qui consistait à “observer les signes toxicologiques induits chez les souris de laboratoire après des ingestion des échantillons suspects et des vomissements”, l’Agence de contrôle de la sécurité sanitaire et de la qualité des denrées alimentaires avait prévu de “réaliser une analyse bactériologique des restes alimentaires et des vomissements des patients atteints de la maladie”. Après les expérimentations effectuées sur les souris de laboratoire qui ont conclu à la présence de “produit hautement toxique et dangereux” dans les aliments servis à Ambohimalaza, les autorités ont surtout évoqué des analyses effectuées à l’étranger.
Selon le directeur général de la fourniture des soins du ministère de la Santé publique, ces analyses ont été réalisées sur des “prélèvements sanguins” et sur du “contenu gastrique”. Leurs résultats, récemment rendus publics par les autorités sanitaires et judiciaires, ont fait état “de substances inhabituelles que l’on ne retrouve ni dans l’alimentation humaine ni dans l’estomac humain” sans que la nature de ces éléments toxiques ne soit révélée.














