«Sujet de garde» : l’opinion publique découvre une expression supplémentaire après la fuite de sujet au baccalauréat.
Début retardé des épreuves, fin des épreuves à la lueur des bougies… Si une épreuve était ajournée dans un centre tandis qu’elle se déroule dans d’autres, comment conserver le même sujet à traiter puisqu’il serait déjà dévoilé ? Sinon, où serait l’égalité des candidats si un autre sujet, peut-être plus facile, peut-être plus complexe, était proposé à la même session ?
Corruption généralisée et de plus en plus précoce : concours faussé ou faux diplômes. Des élèves qui achètent des sujets du baccalauréat, marchanderont également des sujets aux concours d’entrée dans l’armée, dans la gendarmerie, dans la police, dans l’administration, dans la magistrature. À moins qu’ils n’achètent directement de faux diplômes parfois en vente libre sur Facebook.
À moins de les exclure à jamais de tout examen et concours officiel, Madagascar se préparerait une génération supplémentaire de tricheurs qui viendraient étoffer l’arborescence de la dynastie de faussaires déjà en place et organisés en réseaux mafieux. Et, de fil en aiguille, on aurait partout en poste des imposteurs : médecins, enseignants, magistrats, généraux, ministres…
Et, aux autres élèves qui ont passé, honnêtement mais dans des conditions désastreuses, un examen pourtant sacralisé en rite de passage, quel message les adultes passeraient si aucun responsable ne rendait des comptes ?
Que, maintenant comme dans vingt-cinq ans, on peut cafouiller impunément un examen national. Qu’on peut négliger sans crainte l’équipement minimal d’une école publique. Qu’on peut manquer de respect aux douze années de sacrifices personnels et parentaux de familles souvent défavorisées, mais ne jamais présenter la moindre excuse.














