Antananarivo, 22 Juillet, 6h15 – Le ministre de la Santé publique, le Pr Zely Randriamanantany donne des leçons d’éthique et de déontologie. Alors que les critiques sur le comportement des agents de santé travaillant dans les structures publiques fusent dans les médias et sur les réseaux sociaux, le ministre se met devant la caméra pour adresser un rappel à l’ordre aux professionnels de santé.
La vidéo du Pr Zely Randriamanantany, diffusée sur la page Facebook du ministère de la Santé, invite les agents aussi bien des Centres de santé de base que des centres hospitaliers ou même du ministère à “se doter d’une ligne de conduite et d’un comportement dignes des professionnels de santé”. Le ministre évoque notamment l’empathie, la compréhension et la bienveillance car “personne ne va voir un médecin par plaisir”. “Si les gens vont voir les médecins, c’est parce qu’ils souffrent et sont en détresse”, souligne-t-il.
Dans sa déclaration vidéo, le ministre pointe du doigt “la multiplication des plaintes” provenant des patients et des citoyens. Il déplore des attitudes qui frisent l’indifférence, voire le mépris, envers les patients. “Certains responsables adoptent des comportements irréfléchis face au malheur de ceux qui sont touchés par la maladie”, dénonce-t-il. “C’est comme si nous méprisons la souffrance des gens à travers nos attitudes”, regrette-t-il.
“Cela ne peut plus être toléré”, martèle-t-il alors, annonçant que le ministère prendra des mesures surtout que “en raison des comportements de certains, c’est l’ensemble du corps qui se retrouve critiqué”. Il prévient alors ceux qui refusent de se conformer aux consignes que le ministère prendra les décisions qui s’imposent. Il invite également les services déconcentrés à faire de même à leur niveau.
La déclaration du Pr Zely Randriamanantany intervient quelques heures avant que le Conseil des ministres n’annonce sa décision d’abroger la nomination de la directrice de la veille sanitaire, de la surveillance épidémiologique et riposte. Les propos tenus la semaine dernière par cette haute responsable du ministère ont suscité une forte indignation sur les réseaux sociaux.
Autorisée à répondre aux questions de journalistes internationaux dans le contexte d’une affaire de santé publique qui a tué au moins 30 personnes, la responsable avait indiqué ne pas vouloir savoir quelle était la nature de la substance toxique qui a causé ces décès imputés par les autorités à un empoisonnement. Elle avait également laissé entendre que ce n’était pas la peine d’insister pour chercher une maladie là où on ne la trouvera pas.














