Antananarivo, 28 Juin, 9h25 – Surmortalité due au paludisme. Le gouvernement confirme une vague de décès dus au paludisme dans le district d’Ikongo, qui s’est étendue sur plusieurs semaines. Le ministre de la Santé publique, le Pr Zely Randriamanantany, a admis que “de nombreuses personnes sont décédées” dans plusieurs communes du district, évoquant une situation sanitaire critique alimentée par des facteurs structurels et des comportements à risque.
Insistant sur la nécessité de ne publier que les chiffres officiels, les autorités ne donnent cependant pas de statistiques précises sur le nombre de décès. “Certains sont inscrits dans les registres, d’autres pas”, souligne le ministre dans une intervention sur la chaîne de télévision publique. Il évoque le dépistage de 1 356 cas positifs et parle d’une augmentation anormale des cas détectée par la surveillance électronique vers fin avril, poussant les autorités à intervenir d’urgence. Des interventions qui ont cependant tardé à donner des réponses positives. “Il n’est pas normal qu’après six semaines de riposte, des décès soient encore signalés”, souligne le Pr Zely Randriamanantany
Dans un communiqué publié mercredi, Médecins sans frontières (MSF) évoque un bilan de “5 141 consultations à travers des cliniques mobiles déployées dans les zones les plus affectées” en 35 jours d’intervention. Selon MSF, “sur 4 361 personnes testées, plus de 3 567 cas positifs ont été diagnostiqués, confirmant la sévérité de la flambée”.
L’ONG ne donne pas non plus le nombre de décès, mais Jean Paul Rakotonirina, ancien maire de Maromiandra, signale des dizaines de décès dus à cette maladie tropicale, particulièrement dans les communes de Maromiandra et Antanifotsy. Dans ces deux communes, “on dénombre trois, quatre, voire cinq morts dans certains villages”, confie l’ancien maire qui rapporte que “les décès surviennent au moins tous les deux jours”. Il décrit une situation devenue “horrible” et pouvant être “incontrôlable” si les autorités ne prennent pas des mesures urgentes.
Dans son intervention, le Pr Zely Randriamanantany assure que “ce n’est pas que l’Etat n’a rien fait, c’est parce que des facteurs extra-médicaux entravent les interventions”. “Certaines personnes continuent de dormir dans les rizières, hors des moustiquaires. D’autres interrompent leur traitement dès qu’ils se sentent mieux ou préfèrent les injections aux comprimés”, raconte-t-il. I
Le gouvernement assure que les médicaments sont disponibles, et que les moyens techniques ont été déployés. “Il y a eu intervention dès les premières alertes, nous n’avons pas attendu. Mais il faut aussi que les populations adoptent les comportements adéquats”, conclut le ministre.














