“Rendre les États-Unis plus sûrs et plus forts, tout en aidant Madagascar à mettre en place un système de santé plus autonome”. Pour les Etats-Unis, l’aide américaine n’est “pas une oeuvre de charité mondiale”. Comme le rappelle le chargé d’affaires américain, Steve Bremner, au cours de la cérémonie de remise des premiers dons américains dans le cadre du protocole d’accord sur la santé mondiale conclu avec Madagascar en décembre 2025, “il s’agit d’un outil d’engagement stratégique”. Entrant dans le cadre de la politique “America First”, les dons remis visent avant tout “à prévenir l’instabilité et à réduire le risque que des maladies infectieuses atteignent les États-Unis”, insiste-t-il.
L’aide vise ainsi, avant tout, à renforcer le système de santé malgache de façon à ce que Madagascar ait une plus grande capacité “de détecter et d’endiguer les maladies infectieuses avant qu’elles ne se propagent au-delà des frontières”. L’objectif est de “protéger les familles américaines et malgaches” mais aussi de s’assurer que Madagascar puisse continuer à échanger avec les Etats-Unis. “Des pays plus stables et en meilleure santé peuvent développer leurs échanges commerciaux et leur coopération économique avec les États-Unis”, poursuit le diplomate.
Mais au-delà de la sécurisation des deux pays, Washington entend aussi accompagner Madagascar vers une plus grande autonomie plutôt que de maintenir une assistance permanente. “Notre objectif n’est pas d’apporter un soutien permanent, mais une aide temporaire et ciblée qui aide Madagascar à sauver des vies tout en renforçant son autonomie et son indépendance vis-à-vis de l’aide étrangère”, martèle Steve Bremner. Il rappelle alors que “chaque dollar versé par les contribuables américains doit produire des résultats mesurables, réduire la dépendance à long terme vis-à-vis des ressources des contribuables américains et favoriser une plus grande autonomie des pays bénéficiaires”.
D’une valeur de plus de 2,2 millions de dollars, la première livraison remise lundi comprend près d’un million de moustiquaires imprégnées, plus de 900 000 équipements médicaux et de laboratoire ainsi que 33 systèmes de connexion Internet par satellite Starlink. Elle marque le lancement opérationnel du protocole d’accord bilatéral signé en décembre 2025 entre les deux gouvernements. Celui-ci prévoit un financement américain de 134 millions de dollars entre 2026 et 2030, destiné notamment à la lutte contre le paludisme, à l’amélioration de la santé maternelle et infantile, à l’éradication de la poliomyélite et au renforcement de la sécurité sanitaire mondiale. Le gouvernement malgache s’est engagé, de son côté, à cofinancer ce partenariat à hauteur de plus de 41 millions de dollars.
Destinées à être distribuées dans 63 districts et 1 661 centres de santé communautaires, les quelque 989 250 moustiquaires doivent être déployées entre juillet et la mi-octobre afin de renforcer la prévention du paludisme, qui demeure l’une des principales causes de mortalité dans le pays. Les 908 523 équipements médicaux et de laboratoire essentiels, d’une valeur de 180 000 dollars, eux devraient contribuer à améliorer la détection et la réponse face à des maladies comme la variole du singe, la peste, la rage, la poliomyélite ou Ebola. Ces fournitures comprennent notamment des équipements de protection individuelle, des consommables de laboratoire, des outils de diagnostic, du matériel de chaîne du froid et un système de surveillance numérique.
Les 33 système de connexion Internet par satellite Starlink, eux, sont destinés aux districts prioritaires et des directions régionales de la santé. L’objectif est de s’assurer que les professionnels de santé des zones isolées puissent transmettre plus rapidement les données sanitaires et faciliter des interventions coordonnées en cas d’épidémie. Le financement s’élève à plus de 30 000 dollars et couvre l’acquisition, l’installation et la première année de fonctionnement des équipements. Les responsables concernés ont été invités par le président de la Refondation, le Colonel Michaël Randrianirina, à assurer le fonctionnement continu des équipements Starlink. Il estime que le paiement de leurs abonnements ne devait pas constituer un frein à leur utilisation afin de garantir leur efficacité sur le terrain.















