S’assurer que chaque enfant commence sa vie sur de bonnes bases. Le symposium national consacré aux 1 000 premiers jours de l’enfant ouvert mardi à Antananarivo réunit acteurs institutionnels, experts en santé maternelle et infantile ainsi que partenaires techniques et financiers. Organisé sous l’égide du ministère de la Santé publique, l’événement permet aux différentes parties prenantes de discuter des “interventions en faveur de cette période critique pour la vie d’un enfant, sur la base de données et d’évidences concrètes”. L’objectif, selon le ministère de la Santé publique, est d’avoir “des échanges d’expériences, de renforcer la coopération et de trouver des solutions durables pour améliorer la santé de l’enfant, incluant notamment l’amélioration de la nutrition et la lutte contre la malnutrition”.
“Les 1 000 premiers jours de la vie d’un enfant sont essentiels et précieux. C’est au cours de cette période que se construisent les fondations de sa santé”, rappelle le ministère de la Santé publique pour expliquer l’importance de l’événement. “Les 1000 premiers jours de la vie d’un enfant peuvent être comparés à la construction d’un bâtiment. La solidité de toute la structure dépend de la qualité de ses fondations”, ajoute Christine Jeaulmes, représentante résidente de l’Unicef. Celle-ci estime que “si les fondations sont fragiles, les étages qui viendront s’ajouter ne pourront pas tenir durablement”. Pour un enfant, la base est renforcée grâce aux “soins, attention, nutrition et stimulation nécessaires durant cette période de développement synaptique intense”, insiste-t-elle. Et c’est “cette base qui conditionne l’équilibre, la santé et les capacités futures de l’individu”, poursuit-elle encore.
Intervenir de façon précoce constitue donc un levier essentiel pour améliorer le capital humain du pays.
Les 1000 premiers jours s’étendant de la conception aux deux ans de l’enfant, les interventions doivent également inclure les femmes enceintes et allaitantes. Comme le rappelle le Dr Toky Rajoelina, directrice de la Santé familiale auprès du ministère de la Santé publique, le retard de croissance dont souffrent quatre enfants sur dix à Madagascar est attribué aux carences nutritionnelles persistantes, à l’anémie, ainsi qu’à l’accès encore limité aux services de santé et de nutrition, aussi bien des enfants que des femmes enceintes et allaitantes.
“La santé des femmes enceintes et allaitantes, ainsi que la croissance de l’enfant, restent fortement menacées par les carences en fer et l’anémie”, indique encore la médecin. Selon les données de l’Enquête nationale sur les carences en micronutriments, publiée en 2025, environ un enfant sur trois souffre d’anémie, tandis que la carence en fer touche près d’un quart des enfants de moins de cinq ans et 16 % des femmes en âge de procréer. La carence en zinc affecte, pour sa part, environ un tiers des enfants, adolescents et femmes, avec des effets directs sur la croissance, l’immunité et la résistance aux infections.
Organisé avec l’appui de partenaires techniques et financiers tels que l’Unicef, la Fondation Mérieux et l’UNFPA, ainsi que des sociétés savantes comme la Société malgache de pédiatrie et le Collège malgache des gynécologues-obstétriciens, le symposium se veut un espace de dialogue et de partage d’expériences. Il ambitionne alors d’identifier des solutions durables pour améliorer la prise en charge de la santé de la mère et de l’enfant, notamment à travers le renforcement des actions de nutrition et de prévention. Les échanges issus de ce symposium devraient alors contribuer à renforcer la coordination entre les différents acteurs et à définir des orientations stratégiques communes pour une amélioration durable de la santé et du développement des enfants à Madagascar.














