Antananarivo, 16 Mai, 17h15 – L’Etat est appelé à agir. La Chambre des mines estime que Madagascar doit s’activer pour se repositionner, dans un contexte économique mondial instable. Il s’agit surtout de profiter de ce contexte pour valoriser le potentiel minier du pays, selon ce qui est exposé par cette association professionnelle des industriels miniers dans un communiqué qu’elle a publié ce vendredi. Et pour la Chambre des mines : « l’heure n’est plus à l’attentisme ».
La Chambre des mines fait part d’une demande croissante de matières premières critiques que Madagascar dispose au niveau mondial. Elle note cependant que le pays reste à la traîne dans leur exploitation. La Grande île « n’a plus le luxe du temps », estime ce groupement, « au risque de manquer, une nouvelle fois de plus, le rendez-vous avec les marchés », souligne-t-il.
Pour secouer les responsables, la Chambre des mines souligne que Madagascar n’est pas le seul pays à détenir des ressources minières. Mais elle ajoute que “c’est le pays même qui freine leur valorisation”. Elle met en avant “des explorations qui restent marginales”, “des grands projets suspendus” et “la prédominance de l’informel dans le secteur minier”.
Les industriels du secteur extractif réclament alors des cadres propices à la valorisation du potentiel minier du pays. Clarté, cohérence, stabilité et compétitivité sont autant de conditions qui devraient permettre de poser les fondations d’un secteur minier moderne, encadré et attractif, estiment-ils. Ils regrettent que pour l’heure, les investisseurs vivent dans l’incertitude permanente.
La Chambre des Mines dénonce des décisions qu’elle qualifie d’arbitraire et des règles qui, d’après ses explications, “changent au gré des humeurs administratives et politiques”. Ce groupement réitère que “le secteur minier peut et doit devenir un pilier du développement économique de Madagascar”.
Les autorités reconnaissent le rôle important que pourrait jouer le secteur minier pour Madagascar. “L’exploitation minière est généralement le seul chemin permettant à notre pays de se démarquer et d’être en bonne position en matière de développement”, avait notamment expliqué le Président Andry Rajoelina, lors d’une de ses récentes sorties médiatiques. Le Chef de l’Etat avait soutenu que deux à quatre projets miniers comme Base Toliara contribueront non seulement à sortir Madagascar de la pauvreté mais propulseront également la Grande île parmi les pays puissants.
En février, Madagascar avait annoncé vouloir mettre en avant son potentiel minier sur la table des négociations dans les discussions avec les Etats-Unis sur le renouvellement de l’African Growth Opportunity Act (Agoa). La possibilité d’intégrer le Minerals Security Partnership Forum avait également déjà été discutée avec l’administration américaine lors d’une visite d’une délégation malgache aux Etats-Unis en mars. Et l’idée de mettre cet atout dans le cadre des négociations sur les droits de douane imposés par l’administration Trump n’est pas exclue par les responsables.
La Grande île n’a cependant pas encore exprimé un intérêt ni donné une réponse claire, ou du moins publique, à l’intérêt manifestée par la France sur le potentiel malgache en matière de minéraux stratégiques. Lors de sa visite d’Etat à Madagascar le 23 avril, le président français Emmanuel Macron avait clairement annoncé que la France “souhaite” être un “partenaire” de Madagascar dans la valorisation de ses terres rares et ses minerais stratégiques. Il avait même souligné la volonté française d’être un partenaire fiable dans un objectif de “sécuriser face aux prédations et provocations géopolitiques”.














