Antananarivo, 2Juin, 9h45 – Les 16 Institutions de microfinance (IMF) implantées à Madagascar ont compté 2,4 millions de clients à fin 2023. Ce qui équivaut à une hausse de 157% par rapport à leur client à fin 2017, selon les données partagées par la Commission de supervision bancaire et financière (CSBF), durant une conférence sur le poids des IMF sur l’économie malgache, la semaine dernière.
Ces institutions de microfinance ciblent généralement les personnes qui sont exclues du secteur bancaire ainsi que celles qui opèrent dans l’informel, souligne la CSBF. 92% d’entre elles sont des particuliers. Les micros, petites et moyennes entreprises composent cette clientèle à 6%. Et il y a les groupements pour les 2% restant, détaille cette autorité de régulation et de supervision du secteur financier.
L’encours de crédit que ces IMF avaient consenti à leur clientèle s’élevait par ailleurs à 663 milliards d’ariary à la fin de l’année dernière, soit une augmentation de 116% par rapport à fin 2017. La grande partie de cet encours, 65%, constitue des crédits de trésorerie, 15% sont affectés à l’équipement et 12% aux crédits à l’habitat. Ventilés par secteur d’activité, l’agriculture, la sylviculture, l’élevage, la pêche et aquaculture bénéficient 36% de ces crédits. 27% sont alloués au commerce de gros et détail ainsi qu’à la réparation de véhicules automobiles et de motocycles. On y compte également les 6% pour les activités immobilières.
Pour expliquer le niveau élevé des taux d’intérêt fixés par les IMF, il avait été évoqué durant cette conférence que ces institutions de microfinance doivent utiliser des taux leur permettant de couvrir leur coût opérationnel. Ces institutions effectuent des déplacements auprès des clients par exemple. Cette approche de proximité pour recueillir les attentes et définir les produits qui y correspondent, a un coût, avait-il alors été indiqué. Le coût du capital, les pertes sur créances ou encore l’augmentation de fonds propres sont également tenus en compte dans la structure de ces taux d’intérêts des IMF. A ceux-ci s’ajoutent leur marge bénéficiaire.
Les ressources financières des IMF proviennent à 45% de leur capital et des dotations. Les emprunts ordinaires auprès d’autres tiers y contribuent à 23%, les emprunts bancaires à 21% et les dettes subordonnées à 7%. Les 4% restants proviennent de leurs emprunts auprès d’autres institutions financières.
Concernant l’encours de dépôt de ces IMF, il s’élevait à 829 milliards d’ariary à fin 2023, d’après ce qu’a rapporté la CSBF. Ce montant représente une hausse de 180% par rapport à fin 2017, précise-t-elle.














