Antananarivo, 25 Juin, 9h32 – Un produit qui va finalement trouver preneurs. Au moins quatre grandes entreprises locales s’intéressent à l’huile lourde de Tsimiroro et souhaitent l’utiliser. Un test d’efficacité du fuel produit par Madagascar Oil sera effectué auprès d’une entreprise dans la ville d’Antsirabe d’ici deux semaines. 15 à 20m3 de fuel lui seront livrés pour un test d’environ 16 heures, confie le directeur général de la compagnie pétrolière Scott Andrew Reid, jeudi. « Une fois le test concluant, et il le sera, nous entrerons en discussions commerciales avec ce client », lance-t-il, confiant.
La livraison qu’aura à effectuer Madagascar Oil pour ce client n’est cependant que de 120 à 200m3 par mois. Cette compagnie espère néanmoins que les commandes des autres entreprises, dont un prestataire de la Jirama, contribuera à lui permettre d’écouler les 2000m3 qu’elle est en mesure de produire mensuellement.
Concernant un éventuel approvisionnement en fuel de la Jirama, Madagascar oil attend encore la garantie de solvabilité de la compagnie nationale d’électricité. Madagascar Oil qui n’a que la production de fuel lourde comme activité ne peut en effet pas se permettre de livrer sans être payée. D’ailleurs, sa capacité actuelle ne couvrira qu’une partie du besoin de la Jirama à Mandroseza, estimé à 6000m3 par mois. « Satisfaire ce besoin est logistiquement impossible à l’heure actuelle », expose Scott Reid. Le directeur général par intérim de la Jirama, Rivo Radanielina a pourtant déjà annoncé que la société d’Etat est déjà prête à travailler avec Madagascar Oil.
Pour Scott Reid, s’approvisionner en huile lourde auprès de Madagascar Oil est moins cher que d’en importer. Pour la Jirama, la différence peut aller entre 20 à 30%. Pour ses autres clients B2B, cette différence est entre 8 à 10%, d’après ses calculs. Il est à indiquer que cette compagnie pétrolière dispose actuellement 23.000m3 d’huile lourde en stock prêts à être commercialisés.
Concernant sa capacité de production, Madagascar Oil indique être en mesure de multiplier par huit les 2000m3 par mois qu’elle produit actuellement. Mais ceci nécessite un investissement supplémentaire, indique la compagnie. Celle-ci aura besoin de capitaux additionnels pour développer son projet d’exploitation et n’a pas hésité à chercher des partenaires. La quête est pour le moment infructueuse.
« Il y a des investisseurs qui voient le climat des affaires à Madagascar non attractif. Certains hésitent, estimant que notre produit n’a finalement donc pas de débouchés puisque celle qui est censée être notre plus grand client a des difficultés de paiement. Et puis il y a ceux qui sont découragés avec les problèmes des infrastructures routières et portuaires », explique Scott Reid.
Photo : Madagascar Oil














