Antananarivo, 4 Septembre, 11h58 – Un grand défi à relever. La Banque mondiale estime que les réponses aux situations d’urgence engendrées par l’insécurité alimentaire et assurer l’alimentation quotidienne des populations pour y faire face sont cruciales. Elles sont pourtant insuffisantes car il est tout aussi important, pour le développement, d’aider les pays et les individus à devenir plus résilient pour être ainsi capable de se protéger contre la prochaine crise. C’est ce qu’expose cette institution de Bretton Woods dans un dossier sur l’insécurité alimentaire, dans lequel Madagascar avait été cité comme exemple.
La Banque mondiale explique que des programmes humanitaires ont été déployés dans le Sud de Madagascar, où les moyens de substance se limitent principalement à l’agriculture et à la pêche vivrière, et où le taux de pauvreté dépasse 90 %. Ils visent à y apporter une réponse immédiate et de court terme. Tous ces programmes, dont des transferts monétaires d’urgence, ont, selon cette institution financière, « joué un rôle crucial pendant les situations d’urgence qui n’ont cessé de frapper le sud de la Grande île depuis plusieurs décennies ». La Banque mondiale soutient toutefois qu’ »ils n’ont guère permis de réduire les risques ni de rendre les gens autonomes de manière permanente ».
La Banque mondiale avait alors décidé de s’associer à plusieurs partenaires de développement du pays dans le cadre du projet « Mionjo », qu’elle définit comme étant un « projet d’appui aux moyens de subsistance résilients dans le Sud de Madagascar ». Cette intervention part d’un constat selon lequel il est nécessaire « de soutenir les habitants de la région par des interventions qui répondent aux difficultés immédiates causées par les catastrophes naturelles, tout en les préparant mieux aux chocs futurs ».
D’après la Banque mondiale, le projet « Mionjo » s’appuie sur l’expérience d’opérations qu’elle a financées avec d’autres donateurs, mais aussi par des organisations de la société civile locales, pour améliorer l’accès aux infrastructures de base et aux moyens de subsistance et renforcer la gouvernance locale, en ciblant avant tout les jeunes et les femmes. « Mis en œuvre à l’échelon des communes, le projet tente de mettre en place une approche intégrée et de long terme qui favorisera la transition de l’aide humanitaire vers un développement durable », explique l’institution de Bretton Woods.
La Banque mondiale indique par ailleurs que le monde traverse actuellement une grave crise alimentaire. Jusqu’à 670 millions de personnes dans le monde connaîtront encore la faim d’ici 2030, selon ses estimations. Elle soutient qu’il est ainsi crucial d’accélérer la transformation du système alimentaire mondial de sorte qu’il contribue à la santé et à la résilience des populations, de la planète et des économies. Cette banque indique agir sur plusieurs fronts, dont dans le soutien de la production et les producteurs, l’accroissement du commerce de denrées alimentaires et d’intrants agricoles, l’appui aux ménages vulnérables et l’investissement dans une alimentation et une nutrition durables.
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