Antananarivo, 8 Avril, 12h10 – « Une sécurité sociale pour tous est possible et si la Côte d’Ivoire a pu l’instaurer, aucun obstacle insurmontable ne devrait empêcher Madagascar de suivre cette tendance ». Les propos sont d’Andju Roland N’Guetta, chef d’une délégation ivoirienne invitée par l’Organisation Internationale du travail (OIT) à Madagascar, ce vendredi 7 avril. Le modèle ivoirien de sécurité sociale a été mis en avant par cette délégation au cours de la séance de restitution de sa mission sur la Grande île.
En Côte d’Ivoire, pour l’équivalent 7 200 Ar par mois, chaque individu cotisant est sûr de bénéficier des soins de qualité grâce à la Caisse Maladie Universelle (CMU) pour les résidents même s’ils n’ont pas la nationalité ivoirienne. La couverture est réalisée par 1 334 établissements et 906 officines pharmaceutiques. Pour en bénéficier, il suffit d’avoir une carte d’identité et un système biométrique est en train d’être développé pour le rendre encore plus accessible. Cette sécurité sociale pour tous concerne aussi bien les travailleurs du secteur formel que les travailleurs indépendants et ceux du secteur informel, souligne l’expert ivoirien.
Le chef de la mission ivoirienne estime que la protection sociale universelle est possible à Madagascar, mais il recommande une volonté politique forte pour que cette démarche réussisse. « En Côte D’Ivoire, c’est le Président de la République lui-même qui a dirigé ce combat avant de le déléguer à son ministre du travail ».
Après sa mission, la délégation ivoirienne indique avoir constaté que Madagascar dispose de points forts comme l’existence d’une stratégie de la protection sociale, ainsi que d’une structure mobilisant une expertise comme la Caisse nationale de prévoyance sociale (CNAPS). Il met également en avant le cadre de dialogue social existant avec les différents acteurs avec entre autres le groupement des entreprisesd e Madagascar (GEM). Il soulève néanmoins l’importance de surmonter certaines failles comme la forte propension de la population à être assistée, l’incohérence des interventions des autorités, le manque de confiance dans les systèmes contributifs de la protection sociale, ou la centralisation à outrance des services de santé à Antananarivo.
Cette délégation ivoirienne a été invitée par l’Organisation Internationale du Travail pour une séance d’échange avec les parties prenantes Malgaches autour de l’extension de la protection sociale aux travailleurs indépendants et ceux du secteur informel en milieu rural. La délégation a pu rencontrer le ministre en charge du Travail et des lois sociales, le ministre de la Santé publique et la ministre en charge de la Population, ainsi que les responsables de la Caisse nationale de prévoyance sociale (CNAPS) pour prendre connaissance de l’état des lieux de la sécurité sociale à Madagascar.
Photo : OIT














